Tango sur les Plaines d’Abraham-1

Lise Nadeau et Denis Fulham au kiosque Edwin-Bélanger:

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Tango sur les Plaines d'Abraham-11

 

Tribord amures!

Extrait de Deux années sur la gaillard d’avant, de Richard Henry Dana (1840)

« Nous bondîmes dans le gréement et primes un double ris dans les huniers, ferlant les autres voiles en veillant à ce que tout soit bien serré. Mais ceci ne suffit pas encore. Debout à la lame, le brick fatiguait et cognait cependant que la tempête ne faisait qu’empirer. En même temps, un mélange de neige fondante et de grêle nous giflait furieusement de plein fouet. Nous carguâmes et pesâmes à nouveau sur les palanquins de ris ; le petit hunier fut mis au bas ris, on ferla le grand hunier et on mit à la cape tribord amures. C’en était fini de nos beaux rêves ! »

Tribord amures?… bonne idée!
Mais… ça ne passe pas, au nord?

 

Wild Is The Wind

Nina Simone chante Wild Is the Wind

Une voix d’archet sur violoncelle,
Une voix d’anche,
Une voix de fût de chêne…

 

Le fleuve

Il avait ses grands airs des jours de soleil et de vent

Haut et sonore et brillant

Vif et mouvant

Émouvant

 

J’ai erré sur ses frontières emportée par son chant

Suivi la courbe de son flanc

Y suis restée prisonnière

En passant

 

Ocean House, East Coast-1

Notre hôtel préféré de la Nouvelle-Angleterre est un vieillard pittoresque et chambranlant qui se tient debout, face à l’océan, depuis 1895. Miraculeusement, il est l’un des derniers a avoir été épargné par les éléments, le climat océanique et les incendies, qui ont fait ravage dans cette station balnéaire populaire.

À l’époque, les dames de la haute société débarquées du train avec leurs malles s’y installaient pour l’été. Une trentaine de petites chambres aux quatre vents, des boudoirs, des vérandas ouvertes, ou couvertes, la bibliothèque et la grande salle à manger leur offraient une escale indolente à souhait dans les embruns iodés. Les meubles devenus anciens, la déco devenue antique, les tapis limés par le sel et le sable, les portes secrètes, les corridors tricotés, le grand et les petits escaliers de bois grinçant, le piano défraîchi, les stores horizontaux cliquetant dans les fenêtres de bois gauchies… l’endroit est resté dans son état naturel. Pas de chirurgie esthétique, pas de traitement unilatéral de modernité, pas d’air climatisé, mais une bonne santé. Il est un authentique représentant de l’architecture de la Côte-Est de la fin du dix-neuvième siècle.

L’hôtel est tenu de près depuis trois générations par la famille Paul, longtemps résidente des lieux. Lorsque j’étais petite, M. Paul s’occupait de la bâtisse et y tenait le bar, pendant que son affable épouse voyait au bien-être de ses hôtes en y élevant sa fille.  À chacun de nos séjours, comme lorsqu’on visite une vieille tante, nous constations l’usure du temps. Sur les alentours, sur la structure, et sur les gens. Lente désagrégation de la dune. Prolifération d’hôtels sans âme et de vacanciers bruyants. Décès de M. Paul. Longue maladie de Madame Paul, puis son décès. Leur petite fille aux longues tresses noires est ensuite devenue la dame maîtresse du lieu. C’est aujourd’hui au tour de ses filles à elle de tenir la barre du bâtiment et de garder le cap.

Merci!

Voir aussi: Ocean House, East Coast-2

  • Ocean House-8
  • Ocean House-9
  • Ocean House-10
  • Ocean House-11
  • Ocean House-12

Tournesols

Je ne crois pas au surnaturel. Je viens pourtant d’aller sous la pluie planter des tournesols, robustes fleurs de soleil, sur la tombe froide de mon frère.
Triste anniversaire.

 

Tu parles d’un jeu!

Le concours d’orgue de Québec

Ah les amis… nul ne fut tenté par le rendez-vous, sots que vous êtes. Je finirai bien par en convertir quelques-uns, je vous le jure.

Ce n’est pourtant pas juste du vent dans des tuyaux. Ce n’est pourtant pas le petit clavier de mononcle Jean-Paul, ni le petit orgue de la salle paroissiale. C’est un grand Casavant, un beau néo-baroque de 35 tonnes, 69 jeux multipliés par quatre claviers manuels et un de pédalier, quelque 5000 tuyaux. Et des jolis petits noms évocateurs tels que: montre, bourdon, flûte à cheminée, doublette, voix céleste, plein jeu, voix humaine, quintaton, flûte bouchée, prestant, flûte à fuseau, nazard, principal italien, tierce, larigot, sifflet, cor de nuit, soubasse, bombardon…  le tremblant, le muet, le vent, le grand jeu, le tutti!…

C’est une case à vent, une vertigineuse cage à flûtes taillée sur mesure pour le diable lui-même. Aux commandes infernales, trois petits bouts d’hommes et de femmes jouent dangereusement à dieu pendant quatre heures. Voilà qu’on emberlificote le vilain, que l’on chatouille le monstre, qu’on le met parfaitement en colère, dans une rage du maudit, dévastatrice, qui donne la chair de poule, fait claquer les dents et terrorise les enfants. On craint qu’il ne s’évade, qu’il ne s’échappe sous pression en petits bouts de vent propulsés dans des milliers de soufflets, de tuyaux, de soupapes, de jalousies. C’est à ce moment que brusquement il nous absorbe, nous envahit, prend le contrôle de notre pouls, de notre respiration, du flux de notre sang, des synapses de nos neurones : qu’il nous possède!…

Juste un peu… puisque voilà que de là-haut on le charme, l’hypnotise, l’embrouille, qu’on te le berce un peu, frisant le rendormir. Puis qu’on se paie sa tête, qu’on le gifle, le pique, le pioche, qu’on tente de le convertir en l’aspergeant d’eau bénite, qu’on le torture, pour l’achever finalement dans les «Alléluias sereins d’une âme qui désire le ciel». Il hoquette violemment en spasmes gigantesques, tremble de tous nos os, de toutes les colonnes du temple et, hystérique, le monstre abdique et replonge au fond des ténèbres, au cœur des méandres de l’épouvantable et immortel monument. Encore une fois la bête est mâtée, contenue.

On ouvre les yeux.
Il fait un peu plus chaud, un peu plus noir.
Les vitraux ont tenu. Les centaines d’âmes également, semble-t-il. Ne demeure que le léger frisson d’effroi des chandelles votives dans leurs ampoules bleues.

On l’a échappé belle!
Tu parles d’un jeu…

  • St-Roch-1
  • St-Roch-2

Petite chorale matinale

De très haut, perchés, les solistes lancent leur tirade métallique.
Motif clair et mélodieux du bruant chanteur, l’entêté,
du bruant à gorge blanche, sifflant, comme en plein été.

De plus près, en accompagnement, gestes buissonnants.
Affairement chuchotant des besogneuses mésanges,
babillage nasillard des roitelets sautillants,
gazouillements légers de la bande des sizerins flammés,
trilles ténus sur un ton des juncos ardoisés.

De loin, le chant flûté du merle,
les plaintes lasses des tourterelles.
Parfois, retentissant, un grincement d’oiseau noir,
ou, rumeur au delà des cimes, toutes voiles dehors,
la régate des oies bavardes, parties pour le nord.

En retard, étourdi, l’étourneau sansonnet,
imitant ma foi habilement tout cela,
jetant en vrac pépiements, miaulements et gazouillis,
roulements, roucoulements, sifflets,
trilles, vrilles, et quolibets.

 

Mai

À cloche-pied à tire-d’aile les hirondelles
acrobates cascadeuses du ciel

En vedette dans les champs cette semaine:
Reine-marguerite, épervières jaunes et orangées, bouton d’or, trèfle rouge et, dans les fourrés, le rare iris versicolore et le commun framboisier…

 

Le bruant chanteur

Bruyant brillant bruant chanteur.

 

Lancement du livre Le Parlement du Québec; Parcours photographique

Le lancement de notre livre Le Parlement du Québec; Parcours photographique a eu lieu mercredi dernier, le 2 mai, dans la grande salle de lecture de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec.

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          Lancement Parlement-7Lancement Parlement-8Lancement Parlement-9Lancement Parlement-11Lancement Parlement-10

          (photos: Luc Plamondon)

 

Le retour des oies

Poésie sonore
Chorale animale
Cacophonie symphonique
Rhapsodie faunique
Petite musique de nuit

 

Avril

Fébrile, l’air est immobile dans le four du dardant soleil de printemps. On entend la terre rétrécir en séchant, pressée, sous le paillis végétal dense et craquant. La neige est maintenant toute fondue, en allée par les ruissellements anarchiques d’avril.

Les herbes folles de l’automne dernier, rendues et décolorées, sont plaquées au sol, matées, comme foulées par un vent dru qui se serait subitement arrêté là, gardant la pose.

Les rigoles

En cet avril chahuteur on les entend. De leurs petites voix cristallines elles se marrent pour vrai en se ruant, sautillantes et chatouilleuses, vers le bas du coteau.

 

Petite musique ventée

c h h h h h h h h h h h…

f f f f f f f f f f f f f f f f f f…

v v v v v v v v v v v v v v v…

m m m m m m m m m…

s s s s s s s s s s s s…

j j j j j j j j j j j j j j j j j j j …

les notes du vent

 

Guéguerre

Les fanfarons pics, le minus, l’échevelé, l’extravagant, ont sorti leurs armes de bois, les légères et les lourdes. Ils nous mitraillent de gauche et de droite.
Ici on joue à la fausse petite guerre printanière.

 

Où sont passées les oies?

Les oies, bernaches et autres grands palmipèdes voyageurs sont en retard?
Nous avons élucidé le mystère cet après-midi.

Est-ce par fatigue, paresse ou lassitude? je ne sais trop… on en a vu passer une petite bande installées peinardes sur une banquise, descendant le fleuve au gré du courant. À une vitesse de trois nœuds, c’est pas vite vite, la petite équipée devrait arriver à Cap-Tourmente d’ici une couple de jours, ne vous inquiétez plus.

D’autre part, maître Ookpik, le grand harfang domicilié dans notre champ préféré, a déserté son aire. Sur la neige aveuglante de soleil on a vu, au bout d’une piste trotte-menu en pointillé, les preuves d’une féroce attaque venue du ciel : empreintes en éventail des rémiges ayant fouetté la neige, deux ou trois plumes blanches, deux ou trois gouttes de sang. Il a mangé la dernière souris et puis il est parti…

 

Tango aux Salons d’Edgar

Tangos improvisés de Lise Nadeau et Denis Fulham, professeurs de l’École plaisir Tango, à Québec.

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Tango aux Salons d’Edgar

Tangos improvisés de Lise Nadeau et Denis Fulham, professeurs de l’École plaisir Tango, à Québec.

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Don Quichotte (esquisses)

Don Quichotte (esquisses)