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Octobre au fleuve

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Gris et vert

Des heures à rouler sous un déluge infini. À nager, plutôt, entre stratus et bitume, à travers la campagne noyée. Les champs font marécages. Les rus vont, rivières. Le fleuve est la Mer du Nord.

 

Glace à la plage

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Glace à la plage

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Glace à la plage

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Glace à la plage

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Glace à la plage

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Glace à la plage

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Reine-Mère se meurt

Attention, voisins d’arbres à petits fruits, soyez aux aguets : les jaseurs boréaux sont en ville! En gangs bruyantes, ces punks ailés de passage, la huppe dressée et les yeux bandés, videront vos arbres en quelques minutes dans un désordre total et fileront tout avinés…

Reine-Mère, la battante, se meurt. Petite pneumonie du Jour de l’An, deuxième épisode. Ceux qui la connaissent s’étonneront : «Encore?», me direz-vous? Eh oui, elle fait toujours les choses avec originalité, si on la pleure, elle ressuscite. C’est sa quatrième vie qui s’éteint, je crois, elle tient probablement du chat. On verra demain…

Magnifique journée de janvier. J’ai marché lentement jusqu’au bout de la plage. Juchée entre ciel et mer sur le promontoire, j’ai contemplé en propriétaire le grand désert de glace concassée, aveuglant de soleil, qui s’étend jusqu’au chenal de mon grand fleuve dans un fracas de vitres cassées. Puis je me suis endormie sur le banc du parc.

 

Aujourd’hui au fleuve

Cet après-midi sous la bourrasque de janvier, le fleuve à marée haute était vert… gris-vert.

Le long de ses rives, le clapotis brassait des grandes talles de nénuphars sucre-en-poudre qui finissaient de se dissoudre dans une bonne épaisseur de pouding à la vanille.
J’y ai croisé un nuage de pigeons vrillant autour du petit pont…
Un rare canard d’hiver format compact (le bec-scie couronné, je crois), zigzaguant nerveusement sur l’onde, la huppe aux quatre vents…
Une trentaine de bernaches dodues et trompettantes faisant la pause-cacardage avant la grande portion du voyage.

Et les traces de raquettes de Monsieur Drolet.

 

À marée baissante

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Le héron bleu

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Purée de pois

Les bateaux ont des cornes pour foncer dans la brume.

 

Le grand héron

Je n’avais pas mon équipement photographique.

À flanc de cap, à la faveur du soleil oblique de septembre, le grand héron est passé au-dessus de ma tête comme un éclair au ralenti. Il s’est arrêté en l’air, suspendu, a ramassé ses grandes ailes, ses grandes pattes, son grand bec au bout de son grand cou, et il a déposé ce lourd bagage sur la branche d’un grand pin. Il s’est balancé gauchement un moment avant de trouver son équilibre et de prendre la pose élégante. Je l’ai observé longtemps se prendre pour la plus magnifique estampe japonaise, puis, sans se lasser, lisser ses rémiges à gestes amples d’ailes et de bec.

Après une petite éternité, il a rassemblé son gréement et a lancé bruyamment ses voiles dans le vent, jusqu’à la rive du fleuve.

 

Reflets, écluse du bassin Louise

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Reflets, écluse du bassin Louise

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La glace à la plage

En ces temps de fonte des glaces sur le fleuve, il n’y a pas assez de mots pour décrire la couleur et la matière.

Les bleus acier, aigue-marine, ardoise, azur, cobalt, cyan, lapis-lazuli, lilas, lune, nuit, outremer, paon, pers, pétrole, Prusse, roi, sarcelle, turquin, turquoise… Miroir, ivoire, verre, ardoise, néon, placoplâtre, feutre, ouate, dentelle, meringue, biscuit, sucre d’orge, sucre en poudre, crème fouettée, barbe-à-papa…

 

Le fleuve

Il avait ses grands airs des jours de soleil et de vent

Haut et sonore et brillant

Vif et mouvant

Émouvant

 

J’ai erré sur ses frontières emportée par son chant

Suivi la courbe de son flanc

Y suis restée prisonnière

En passant

 

Où sont passées les oies?

Les oies, bernaches et autres grands palmipèdes voyageurs sont en retard?
Nous avons élucidé le mystère cet après-midi.

Est-ce par fatigue, paresse ou lassitude? je ne sais trop… on en a vu passer une petite bande installées peinardes sur une banquise, descendant le fleuve au gré du courant. À une vitesse de trois nœuds, c’est pas vite vite, la petite équipée devrait arriver à Cap-Tourmente d’ici une couple de jours, ne vous inquiétez plus.

D’autre part, maître Ookpik, le grand harfang domicilié dans notre champ préféré, a déserté son aire. Sur la neige aveuglante de soleil on a vu, au bout d’une piste trotte-menu en pointillé, les preuves d’une féroce attaque venue du ciel : empreintes en éventail des rémiges ayant fouetté la neige, deux ou trois plumes blanches, deux ou trois gouttes de sang. Il a mangé la dernière souris et puis il est parti…

 

Les ponts

Par un aveuglant matin de printemps, au-delà du brouillard anonyme, un arbre échevelé m’a fait signe
J’ai lancé un pont

Tout un été j’ai rêvé
Un arbre, une île, velours bleu, sable blond

Par un glacial matin d’hiver je me suis réveillée, fracassée dans les rochers
Le mirage s’était vaporisé

Par les matins chagrins, à l’appel des cornes de brume, je descends au rivage
Au hasard je jette des ponts vers le large
Mais ils se perdent dans le crachin
De l’autre côté, hélas, il n’y a plus rien