En l’absence de négatif, j’ai préalablement digitalisé en haute résolution l’épreuve argentique originale (11 po. x 13 po., sur papier photo), très abimée.


















Dans l’intermède entre son départ de chez Jean et… son retour chez Jean, l’antique banc de piano à pattes d’aigles a été pensionnaire chez moi pendant plusieurs années, où il a vécu bien des partys. Je suis heureuse qu’il ait maintenant retrouvé sa maison chez m’sieur Painchaud!
(crédit photo: Éloi Painchaud)

Y a-t-il un docteur dans la salle?
Comme faufilée par chance entre deux sommets de Covid, c’était la collation, en personne, des grades de 3e cycle de l’Université de Montréal, cohortes 2020 et 2021 confondues. Pendant une couple d’heures nous avons applaudi, l’un après l’autre, quelques centaines de jeunes et moins jeunes nouveaux Ph. D., bigarrés sous les toges, épitoges et mortiers rituels.
En gros plans sur l’écran géant, une succession de mines réjouies sous des masques noirs, une guirlande d’yeux lumineux qui regardent loin en imaginant le futur en mieux. La main à la pâte et l’épaule à la roue, ils sont déjà en route pour améliorer le monde, on se le souhaite.
Ici, un crépuscule, je ne sais où, 1958

L’autre jour, j’apporte à mon petit-fils verbo/moteur de deux ans et demie une tomate de mon jardin et des brownies.
Avec son joli minois émerveillé il demande: «Gouloulou, les bownies, ils poussent dans ton jardin?».
Petite Mémé, atteinte d’Alzheimer, se berce au soleil, sur la galerie de son «campe», sur le bord du lac perdu dans le bois. Comme le flot inépuisable de la rivière, elle raconte raconte raconte (et elle recommence recommence recommence) les vacances d’été en forêt avec son beau Roger et ses enfants, le défrichage et la construction du chalet avec les moyens du bord, la haie d’épinettes qu’elle y a plantée, la beauté des arbres et du lac, des arbres et du lac, des arbres et du lac…
Puis les bras au ciel elle s’exclame: «Ah, mon Dieu, quelle belle vie!»
Tiré des mémoires impressionnantes de ma bisaïeule Léontine:
Je suis la Lionne,
La Lionne au cœur d’or,
En Dieu je pardonne,
Et je fais du bien
À qui me fait tort,
Mais JE ME SOUVIENS
Extrait de
«Vains regrets, du journal de La Vie de L. B. Mallette»
Juillet1923
D’autres textes dans son carnet d’écriture
11 septembre 2001…
Il y a vingt ans, j’avais fait ce petit pastel, pour envoyer aux copains de New York…


Promenade molle en cette matinée caniculaire déjà poisseuse.
Gorgé des pluies tropicales d’hier, immobile entre son inspiration et son expiration, le grand fleuve se repose très haut à l’étale. Le ciel et l’onde se mirent l’un dans l’autre à l’identique. À part, là-bas, une roche à fleur d’eau avec son grand héron qui tient la pose, ailes grandes ouvertes, bec au large du paysage bleu nuage.
Me croisent bruyamment deux vélocipèdes véloces tout équipés, bariolés comme des bibittes et déjà fort ruisselants, le temps d’entendre l’un crier à l’autre : «on remettra notre séance de contemplation à un autre jour!».
