La journée a été magnifique!
Depuis la fin de semaine dernière, les couleurs ont explosé, l’automne est bel et bien là…
Le petit pont nous menant au chalet est trop abimé, il sera reconstruit sous peu. On se dépêche (tranquillement) à préparer la place pour l’hiver. On a déjà monté les embarcations, défait et remisé le quai…
J’ai quand même nagé mon kilomètre, style libre dans les eaux libres du grand lac, battant ainsi le record familial amical d’ours polaires du 28 septembre dernier (c’était frisquet et ravigotant)…
… et photographié plusieurs champignons, de profil.
PLOUCH!
Ce n’est pas une roche, c’est le petit martin, pêcheur intempestif, qui vient de se lancer à l’eau n’importe comment pour en ressurgir illico, poisson au bec.
Et allez YOUPLA HOP, on y retourne! Et encore et encore…
Joie!
Puis, pour rien, dans un crépitement de bébelle, il passe comme une flèche sous mon nez et disparaît au tournant de la rivière.
Il est cruel de survivre à son enfant.
J’ai amené ma vieille maman, hier, sur la tombe de mon frère.
Pourquoi donc retourner où l’on a enterré les dépouilles de nos défunts. Sans doute pour raviver le souvenir de leur chère présence. Ainsi, nous avons ri.
Le cimetière est un abri au cœur de la cité. Loin du bruit, du bitume, de la chaleur caniculaire. Sans urgence, on n’y attend rien et il n’y arrive rien.
On peut s’asseoir sur l’herbe, mieux, s’y étendre avec, à travers les ramures, vue libre sur des nuages à lire. Altocumulus.
Le lot est à trois pas du boisé. La nature étant plus résiliente que nous, l’endroit nécessite à première vue un grand débroussaillage. Quel fouillis!
Certes, des fleurs «nobles», que j’avais mises en terre elles aussi, profitent de l’endroit tiède. Au fil des ans, une joyeuse débauche de «mauvaises herbes» les ont rejointes le plus naturellement du monde. Plantain majeur, pissenlit, surette, petite oseille, consoude, laiteron… sur arrière-plan framboisier et montagnes. Toutes plantes nourricières ou médicinales. Nous ne toucherons à rien de cette charmante salade. C’est telle quelle que Jean l’aimait.
Je pense à installer moi-aussi une petite pancarte près de la rue.
Mais la mienne se lirait plutôt comme ceci:
TERRAIN 100% NATUREL – PLANTAIN ET PISSENLIT 100% BIO, BIENVENUE AUX AUTO-CUEILLEURS!
Des heures à rouler sous un déluge infini. À nager, plutôt, entre stratus et bitume, à travers la campagne noyée. Les champs font marécages. Les rus vont, rivières. Le fleuve est la Mer du Nord.