Panorama champêtre aux fleurs indigènes. En vedette: asclépiade, aster, verge d’or.
Et le nichoir à merlebleu de l’Est.
Ici, un crépuscule, je ne sais où, 1958

L’autre jour, j’apporte à mon petit-fils verbo/moteur de deux ans et demie une tomate de mon jardin et des brownies.
Avec son joli minois émerveillé il demande: «Gouloulou, les bownies, ils poussent dans ton jardin?».
Petite Mémé, atteinte d’Alzheimer, se berce au soleil, sur la galerie de son «campe», sur le bord du lac perdu dans le bois. Comme le flot inépuisable de la rivière, elle raconte raconte raconte (et elle recommence recommence recommence) les vacances d’été en forêt avec son beau Roger et ses enfants, le défrichage et la construction du chalet avec les moyens du bord, la haie d’épinettes qu’elle y a plantée, la beauté des arbres et du lac, des arbres et du lac, des arbres et du lac…
Puis les bras au ciel elle s’exclame: «Ah, mon Dieu, quelle belle vie!»
Bel octobre, quelque part à Saint-Ferréol-les-Neiges


Revenir du Kamouraska «vent arrière» sur la route des Navigateurs…
Remonter le grand fleuve en s’arrêtant à chaque quai, à mesure que le soleil oblique, à mesure que le vent escalade l’échelle de Beaufort, mariant la science à la poésie: «jolie brise», «bonne brise», «vent frais», «grand frais»…
Rentrer avant le «coup de vent».
Kamouraska, Saint-Jean-Port-Joli, L’Islet-sur-Mer, Berthier-sur-Mer…
Vent tourné au «grand frais», à Berthier-sur-Mer


Tiré des mémoires impressionnantes de ma bisaïeule Léontine:
Je suis la Lionne,
La Lionne au cœur d’or,
En Dieu je pardonne,
Et je fais du bien
À qui me fait tort,
Mais JE ME SOUVIENS
Extrait de
«Vains regrets, du journal de La Vie de L. B. Mallette»
Juillet1923
D’autres textes dans son carnet d’écriture
11 septembre 2001…
Il y a vingt ans, j’avais fait ce petit pastel, pour envoyer aux copains de New York…

Sous la pluie, dans l’odeur de la terre assoiffée qui boit (pétrichor).
