Forêt de cristal

Samedi après-midi

Verglas, un gros pouce

Fallait se promener dans le bois samedi après-midi.
Fallait aller s’y asseoir, et regarder, et écouter.

Un écho différent, cristallin.
Un décor de verre.
Le crépitement, le cliquetis aigu de la pluie.
Les miroirs brisés, broyés sous les pas.

Tout est gainé de vitre.
Des allées de jeunes bouleaux prosternés, rendus de tant de poids.
Leurs feuilles, restées de l’automne, figées en sculpturaux bouquets translucides
Les épaules des mélèzes tombées, toutes leurs cocottes enfermées dans des billes de verre, étuis de lumière.

De loin, grincements, déchirements, fracas d’orage des branches qui se déchargent.

Puis, tout doucement, venus de nulle part, les flocons, moelleux et muets.

Sortir vite d’ici avant l’arrivée du vent.

Dimanche matin

L’air sent l’eau.
Le vent d’ouest est vif et froid comme source de roche.

Le soleil brille de biais à travers la forêt de bonbon clair, sucre d’orge qui tinte et étincelle.

De monumentales grappes pailletées se balancent en craquant, lançant par vagues des volées de clochettes et de diamants.
Concert de milliers d’étoiles vitrifiées tombant du ciel en plein jour.
Explosions jonchant le sol de tranchants débris.
Pétarade sur le parquet glacé du boisé.

 

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