Il y a quelques temps je cherchais un piano pour Mémé. Que j’ai finalement trouvé par mon groupe privé de «prêt et partage». Dans ce fou groupe, il y a Mylène Moisan, chroniqueuse au journal le SOLEIL. Elle a trouvé l’histoire belle, elle la raconte en page deux du journal de ce matin.
Ça tombe bien, Reine-Mère avait le tempérament d’une vedette. Je lui ai souvent répété: maman, faut que tu écrives tes mémoires, ce serait des mémoires passionnantes et très drôles. Elle ne l’a jamais fait, elle «ne savait pas par où commencer». Sans compter qu’elle n’aurait peut-être pas fait LA DEUX du journal…
EH BIEN ÇA ALORS!, que vous vous dites, n’est-ce pas? Moi aussi!
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Ma photo accompagnant l’article:

Voilà !…
Après plusieurs échecs, la mort a finalement eu le dernier mot. Notre mini Reine-Mère, tête dure devant l’éternel, incompatible avec la chose conventionnelle, est décédée le 5 juin à l’âge vénérable de 90 ans.
Deux jours plus tôt, après avoir fait des petites emplettes dans sa petite auto rouge, après avoir pianoté sur le nouveau vieux piano et s’être bricolé un cornet de crème glacée, dans la maison-bercail qu’elle aimait tant, elle nous avait surpris avec une dernière fantaisie : rupture d’anévrisme.
«Huit heures moins quart, j’ai fait le 911»… Ce sont les derniers mots qu’elle a notés dans le cahier qui lui servait d’aide-mémoire, de pense-bête, de journal et de correspondance. Deux jours plus tard, après avoir bataillé pour trouver encore un peu d’air, après avoir laissé tout son monde venir lui dire au revoir, elle est partie ailleurs semer sa bonne humeur.
Pour décrire maman, on pourrait énumérer les pépins qu’elle a frappés et les tuiles qu’elle a reçues. Un tas! L’essentiel réside plutôt dans ce qui faisait d’elle une femme d’exception. Ceux qui ne l’ont croisée que furtivement, autant que ceux qui la connaissent depuis toujours, garderont d’elle une image lumineuse. Pour emprunter au vocabulaire artistique, permettez-moi de peindre son portrait en larges traits vifs, à la manière de l’expressionnisme qui lui sied bien :
Portrait de ma mère
Couleur et fantaisie
Anticonformisme
Sens de l’émerveillement et curiosité illimités
Audace et urgence
Élégance et fierté
Ténacité, résistance et grande naïveté
Humour blindé et moral d’acier… dans un corps de petit oiseau.
Et, toujours, ce lumineux et irrémédiable sourire…
Les funérailles ont eu lieu à Québec le 23 juin.
Quelques clichés de la soirée milonga du Drague, à Québec le 18 avril dernier.
Diaporama:
Chien de fleuve de lac et de rivière, chien de forêt et de montagne, chien de pluie de vent et de banc neige, ma grosse poilue noire est morte en février.
J’ai donné au refuge sa bouffe, ses biscuits, ses peignes, ses coussins, ses gamelles, ses jouets.
J’ai tenté ce matin de jeter ses vieilles mitaines trouées, mal m’en prit…
Elles resteront donc à s’empoussiérer encore un peu sur le crochet, avec la laisse et le collier à deux médailles, vain équipement de promenade.
M’ennuie de ma grosse douce. Quand elle posait sur moi son paisible regard noisette. Quand j’empoignais sa belle face par les joues, que je plongeais mes doigts dans sa toison tiède, puis chaude sous les oreilles entortillables.
Dehors, la neige de février avait rapidement fait disparaître les sentiers de ses petites habitudes. Puis, à force du dégel d’avril, quelques souvenirs d’elle poussent au jardin…
Par les deux fenêtres de mon atelier du rez-de-chaussée, que du blanc hivernal aveuglant de soleil. Voici du végétal estival.


Le mercredi 8 février dernier avait lieu le Bouillon d’art multi du Musée national des beaux-arts de Québec. Il présentait dans son nouveau pavillon Lassonde les performances de jeunes créateurs: danseurs, musiciens, comédiens, «slammeurs», acrobates… Voici quelques-uns de mes clichés.
Équipe Geneviève Duong – Escalier monumental




