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Lost In Maine

Lost in Maine’s backcountry like in a Stephen King’s weird story.
Wandering like a ghost.
Listening to Timber Timbre’s Demon Host.

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Bonnie and David’s Romance

Errant en Nouvelle-Angleterre, j’ai par hasard croisé Bonnie et David, authentiques hippies du Maine, avec l’authentique accent du Maine, qui célébraient leur anniversaire de mariage. Il y a quinze ans, ils avaient fini par convoler en justes noces, pieds nus au milieu d’un pré, «in my 75 box lace dress», entourés de leur quinzaine d’enfants et petits-enfants.

Ils célébraient bien humblement sur la grande galerie de bois du petit Inn centenaire en bord de mer où nous logions. Leur frugal souper en compagnie de Sterling, le maître des lieux, et des amis de l’hôtel fut l’occasion de déboucher la bouteille de Dom Pérignon qui les suivait depuis quelque temps. C’était le moment qu’ils attendaient pour la boire en bonne compagnie «because it was too much for the two uf us». Fines bulles et charmante soirée au fil de laquelle le soleil s’est délicatement retiré.

We wish you everyday joy!

Diaporama:

Hôtel centenaire en bord de mer

Vancouver

Chaînes côtières du Pacifique

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Vancouver

Chaînes côtières du Pacifique et magnolias en fleurs.
En avril, Vancouver est en fleurs. Pommiers, pruniers, cerisiers, magnolias, camélias, rhododendrons…

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Vancouver

Magnolias en fleurs au Ted and Mary Greig Garden

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Vancouver

Séquoias. Art mural géant sur gratte-ciel.

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Vancouver

Strait of Georgia depuis Grouse Mountain

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Vancouver

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En arrivant à Québec

Fatigue, pluie battante, brouillard, travaux, embouteillage…
           
             
             
             
             

Petit reportage téléphonique

LIVE FREE OR DIE!
Clam chowder and lobster roll, deep in the heart of New Hampshire.
 

Nauset Light Beach, Eastham

Coast Guard Beach, Eastham

J’y vais… ou j’y vais pas?

Nauset Beach, Orleans

Chatham Harbour

Nonomoy National Wildlife Refuge, Chatham

La voix de mon père

J’entends la voix de mon père :
«Regarde comme c’est beau!»…

J’aime voyager seule. Je roule vers l’ouest sur l’autoroute 40, direction Montréal.
Du nord au sud, stratus rose, couverture moite et douillette. En ce décembre de crachin tiède, le brouillard annoncé dilue la campagne dans un lavis d’aquarelle. L’étrange ciel, à la fois sombre et lumineux, miroite sur la chaussée d’acier qui file droit devant puis disparaît dans l’aveuglement. De chaque côté, les champs bleus s’arrêtent à l’orée de boisés fantomatiques, ou disparaissent un peu plus loin comme avalés par la mer.

«Regarde comme c’est beau!»…

Pendant que l’asphalte déroule ses kilomètres, Mazzy Star remplit l’espace sonore. Parfaitement assortie dans un intemporel et cyclique faux-country, la voix hypnotique et minimale de Hope Sandoval expire Blue Light :

There’s a blue light
In my best friend’s room
There’s a blue light
In his eye…

Puis, dans le grand virage de Yamachiche, le ciel s’ouvre d’un coup, antédiluvien. Cathédrale vertigineuse dans les grands vents. Gigantesques cumulus bordés d’or sur fond bleu roi. Fuseaux de lumière qui les frôlent et vont rallumer à tour de rôle des morceaux de paysage sous le soleil oblique de 15 heures.

À bientôt Renou

Ici on ouvre grand les fenêtres, pour laisser entrer l’air frais.

Un bon matin par la fenêtre ouvrant sur la brise du large, est entré un chat… caramel.
Mine de rien, le pas long et souple, il s’est glissé à l’intérieur. D’un geste ample, il s’est lové à l’aise dans le grand fauteuil. Mi-intrigué mi-intriguant, œil en coin, il a ensuite longuement scruté les alentours et tâté le pouls de la maisonnée. Le nez en l’air, l’oreille en patrouille, il s’est ensuite dessiné un sentier tout en arabesques et il a fait le tour du propriétaire.

Cher Renou-voyageur, partenaire attentif, tanguero insatiable et créatif, merci! Pour des dizaines d’heures, des centaines de tandas et des milliers de pas de tangos. Comme celles de l’ami, du fils, ou du frère, ton empreinte s’est inscrite près de mon cœur et dans mes bras.

D’autres fenêtres s’ouvrent… allez va!
Et sache qu’ici, les fenêtres ne se referment pas.

Gris et vert

Des heures à rouler sous un déluge infini. À nager, plutôt, entre stratus et bitume, à travers la campagne noyée. Les champs font marécages. Les rus vont, rivières. Le fleuve est la Mer du Nord.

 

Ocean House, East Coast-2

De retour à la réalité après quelques semaines de farniente et plusieurs kilomètres de style libre en eaux libres.
Sur la côte, que du temps radieux, le vent se levant à l’heure du trop chaud. L’océan limpide. Pour berceuse, le rythme des vagues et le murmure du vent dans les dix fenêtres sur mer de la chambre.

Voir aussi Ocean House, East Coast-1

  • Ocean House-1
  • Ocean House-2
  • Ocean House-3
  • Ocean House-4
  • Ocean House-5
  • Ocean House-6
  • Ocean House-7

Minéral breton

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Je voyage en cuisine

Sur le mur de la cuisine, des dizaines et des dizaines de cartes postales que, traditionnellement, mes amis m’envoient de leurs voyages, se juxtaposent, se superposent et se volent la vedette depuis des années.
Vivant fouillis, jolie tapisserie bigarrée. De la Terre-de-feu au Grand-Nord. Du Japon, vers l’ouest jusqu’à la Chine. Villes, ruelles, montagnes, déserts… des plages, des vagues et l’océan… des châteaux, des fresques, des tableaux… gargouilles, taxis, kitscheries et quétaineries… un maringouin pétrifié, quelques animaux, deux danseurs de tango…

Ce matin, j’ai tout «dépinné». Ça me fait tout drôle. La cuisine semble plus petite. Comme si l’Univers l’avait quittée…

 

Tempête sur la côte

Une guerre fait rage sur l’autre versant des dunes, l’océan est déchaîné.

De loin en loin, sans relâche, la sirène hurlante d’un vent halluciné.

Les foins giflés, couchés.

On entend, jusque dans la poitrine, le tonnerre des grandes déferlantes battant la côte sur son flanc, roulement de timbales géantes.

Et le râle puissant du ressac aspirant l’âme du continent.

 

Retour d’Italie

Revenir de chez ma folle amie, c’est comme revenir d’un chez-soi-en-Italie!

Hélène n’a pas son pareil pour illuminer son petit logement loué à pépé Paolo. Pour colorier sa cuisine, sa cour, son amitié. Elle n’a pas son pareil pour venir à notre rencontre en courant, le sourire géant, nous ramasser à bras le corps comme une vraie mamma, et sur-le-champ nous faire visiter son jardin.
Elle n’a pas son pareil pour faire d’une minuscule cour métropolitaine un potager méditerranéen, généreux et luxuriant jusqu’en octobre, qu’elle transporte amoureusement jusqu’à sa table. À côté du pommier, des pruniers et des lilas au repos qui ont livré leurs parfums, leurs fruits ou de joyeuses confitures, des brassées de légumes foisonnent encore dans une indiscipline toute latine. Tomates et aubergines, bien mûres, pendent à leurs plants, melons et courges de toutes les couleurs rampent paresseusement autour d’autres végétaux rendus. Une jeune vigne commence à se délurer dans les treillis. Terrasse digne d’une cour romaine avec sa main courante de marbre, sa balustrade de briques ajourées, son fer forgé. Partout des fleurs impossibles, et les grandes trompettes bleu ciel des volubilis qui enlacent la clôture, l’escalier, les murets, bordent la galerie et débordent du patio dans un fouillis extraordinaire.
On ne se fait pas prier, ensuite, pour s’asseoir à la table de sa minuscule cuisine ensoleillée sans autre intention que de se vautrer dans une paella gargantuesque et dans l’amitié, à boire du bon rouge, à refaire le monde une centième fois et à rire de nos vies depuis le printemps, sans démordre, sans pâlir, jusqu’au petit matin.

Décalage à prévoir au retour.

 

Ocean House, East Coast-1

Notre hôtel préféré de la Nouvelle-Angleterre est un vieillard pittoresque et chambranlant qui se tient debout, face à l’océan, depuis 1895. Miraculeusement, il est l’un des derniers a avoir été épargné par les éléments, le climat océanique et les incendies, qui ont fait ravage dans cette station balnéaire populaire.

À l’époque, les dames de la haute société débarquées du train avec leurs malles s’y installaient pour l’été. Une trentaine de petites chambres aux quatre vents, des boudoirs, des vérandas ouvertes, ou couvertes, la bibliothèque et la grande salle à manger leur offraient une escale indolente à souhait dans les embruns iodés. Les meubles devenus anciens, la déco devenue antique, les tapis limés par le sel et le sable, les portes secrètes, les corridors tricotés, le grand et les petits escaliers de bois grinçant, le piano défraîchi, les stores horizontaux cliquetant dans les fenêtres de bois gauchies… l’endroit est resté dans son état naturel. Pas de chirurgie esthétique, pas de traitement unilatéral de modernité, pas d’air climatisé, mais une bonne santé. Il est un authentique représentant de l’architecture de la Côte-Est de la fin du dix-neuvième siècle.

L’hôtel est tenu de près depuis trois générations par la famille Paul, longtemps résidente des lieux. Lorsque j’étais petite, M. Paul s’occupait de la bâtisse et y tenait le bar, pendant que son affable épouse voyait au bien-être de ses hôtes en y élevant sa fille.  À chacun de nos séjours, comme lorsqu’on visite une vieille tante, nous constations l’usure du temps. Sur les alentours, sur la structure, et sur les gens. Lente désagrégation de la dune. Prolifération d’hôtels sans âme et de vacanciers bruyants. Décès de M. Paul. Longue maladie de Madame Paul, puis son décès. Leur petite fille aux longues tresses noires est ensuite devenue la dame maîtresse du lieu. C’est aujourd’hui au tour de ses filles à elle de tenir la barre du bâtiment et de garder le cap.

Merci!

Voir aussi: Ocean House, East Coast-2

  • Ocean House-8
  • Ocean House-9
  • Ocean House-10
  • Ocean House-11
  • Ocean House-12

Méditerranéen

Méditerranéen c’est (à partir d’en haut à gauche, je passe les plus petits): l’Espagne, la France, l’Italie, la Yougoslavie, la Grèce, la Turquie, la Syrie et tout le Moyen-Orient jusqu’à l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc…

Mais c’est surtout l’ail, les tomates, les herbes, les épices, le soleil et la mer.

 

Papier voyageur

Je viens de recevoir mes illustrations en provenance d’Italie. Je les retourne illico au Portugal.

Ah, être de papier et voyager…

 

Ah Paris!

Sous terre, station Les Abbesses

  • Paris
  • Paris-1
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  • Paris-5

Saint-Benoît-des-Ondes

À gauche, une bourgade. Pas plus grande que ça. La route peinarde longeant la baie gigantesque ne fait qu’y passer en guère plus d’une minute. Le voyageur distrait ne la remarque pas, y transite seulement, entre deux sites de villégiature entendus.

Saint-Benoît-des-Ondes, Bretagne
Un tableau.

À droite, l’océan vidé, sable rose, à perte de vue. En face, même couleur, le Restaurant bar hôtel de la baie, proue du bourg, tous auvents battants comme voilures, tenant tête au vent du nord debout. J’y passerai la nuit. Accoudé au zinc de son bar, pour ainsi dire fermé en cette saison, le patron breton trinque avec les copains de la place. On y devise bien fort de pêche, de légumes à échanger et de la Coupe du monde de foot. On se quittera tout à l’heure, question de préparer le match France/Suisse de ce soir. Pour une poignée d’euros j’aurai la grande chambre du haut, vue sur la mer, bien sûr, avec en prime la clé de l’hôtel qui sera désert cette nuit.

Ouvrir la fenêtre.

J’ai failli m’envoler avec les battants lorsque le vent salin s’est engouffré sans manières dans l’unique pièce de la suite. Allongée dans la lumière blanche et les draps frais, dans les parfums et les caresses tièdes de l’air vierge venu du large, j’ai longuement, avec délices, attendu la marée. À des kilomètres, l’onde s’est imperceptiblement mise en marche, au pas de l’homme tranquille. Elle a tout doucement noyé les pêcheries. Délicatement, comme pour ne rien briser de ces entrailles exposées, elle a ensuite envahi, en glissant, les sinuosités moites de la rivière vide, jusqu’au débordement. Puis, se précipitant gauchement pour le reste, l’eau a couru en écumant de rage pour se heurter au front de mer. Les vagues et le vent en furie ont frappé la grève enrochée toute la nuit.

La plus hypnotique des berceuses.

À l’aube bleutée, la brise rendue, couchée le long de la côte, avait laissé l’immense marée s’en retourner loin à l’horizon, jusqu’où le regard confond les choses, jusqu’où le ciel commence.

Saint-Benoît-des-Ondes

 

En Bretagne

 Bretagne