Articles étiquetés: saisons

Pays de glace

Pays de cristal

Sous les réverbères

Pluie battante verglaçante. Le ciel et les champs se confondent, puis disparaissent.
Il reste quelques arbres givrés sous les réverbères.

Quartier industriel

La nuit, sous le verglas et dans le brouillard. Contraste inhabituel entre le lustre du sol et l’opacité du ciel.

Verglas

Les petites maisons de Noël sous le verglas

Les petites maisons de Noël – 2

Le long du quatrième rang.

Les petites maisons de Noël – 1

Le long du quatrième rang.

Petits périls hivernaux

Un bon pied de folle neige à raquettes: hop dans le bois, hop dans le champ, hop sur le marais pas encore gelé…

Illustration musicale

(hier soir à la plage)

Sous les assauts de l’hiver impatient, le fleuve déploie son jupon de frasil
Froufrous de crinolines le long de ses flancs
soyeux clapotis de perles
bruissements de dentelles
et froissements de soies
que les vagues bercent en respirant lentement dans le froid
Menuet
Et petite musique de nuit

Herbes salées

Récolte du thym, de la sauge et du romarin pour mes herbes salées: j’ai dû pelleter!
Hiver hâtif, c’est le moins qu’on puisse dire…
Et maraîchère retardataire.

En arrivant à Québec

Fatigue, pluie battante, brouillard, travaux, embouteillage…
           
             
             
             
             

En revenant de Saguenay

                       

En revenant de Saguenay

              
             

En revenant de Saguenay

             
           

Canicule

Ce qu’il y a de bien avec une canicule, c’est que tout le monde ralentit à ma vitesse.
Sauf quelques étranges spécimens fluo qui passent en courant (je crois que ce sont des extraterrestres).

Après l’orage

Hier soir, après l’orage, le coucher de soleil était d’un jaune aveuglant inouï. Je l’ai manqué…
Mais, accompagnée du chant de la grive, j’ai croqué le crépuscule, tout aussi époustouflant, jusqu’à nuit noire (ici, des mammatus).

Après l'orage-1

Après l'orage-2

La nuit tombe

Après l'orage-4    Après l'orage-5    Après l'orage-7

Menu printanier

Pique-nique dans le vent sous les grands érables rouges: salade de samares.

En fleurs à la plage

En fleurs ce matin à la plage, les belles sauvages:
les petites poires des amélanchiers, les tapis de fraisiers, la triste ancolie, la bande de joyeux trilles rouges et, fin seul, le sabot de la vierge.
Puis, directement sous mon nez comme jamais, le spectacle du pic, pas le minus, ni l’échevelé, mais le grand, celui avec le casque de vélo et la plus grande mitraillette.

Bain d’oiseau

              

La grande mue printanière

La grande mue se fait tranquillement cette année. À n’en plus finir. Ça rassure les riverains…

Grande mue de ma bagnole, aussi, ce matin. J’ai confié la charrette au garagiste et suis revenue à pieds par le raccourci le plus raccourci : la voie ferrée.

Je me suis retrouvée au milieu d’une volière. Au milieu d’une belle bande de volatiles: les résidents, des hivernants, des estivaux, et tous les touristes ailés d’avril. Quel spectacle, quel concert!
En vingt minutes, j’ai vu et/ou entendu : la petite mésange à tête noire et la sittelle à poitrine rousse, bien sûr, la corneille, le rouge-gorge, le carouge à épaulettes, la tourterelle triste, le roselin pourpré, le chardonneret jaune, le bruant chanteur, le cardinal rouge, le mitrailleur pic chevelu, une couple de bernaches avant l’heure, un goéland, et quelques autres non identifiés, dont un rapace qui, alternant loopings et piqués, cabriolait en criant gaiement. Ça fait ma journée!
J’ai eu un peu de mal à identifier celui-ci qui était trop loin. Il m’a paru élancé, la forme d’un merle, peu être un peu plus petit, bec d’insectivore, couleurs plutôt ternes, dessous plus pâle que le dessus, seul, calme, perché à la cime, doux chant grave et flûté, toujours la même phrase : ré-la et courte vrille descendante…
La grive solitaire!

Le printemps!

C’est le printemps, ça pépie, ça gazouille… j’entends siffler le banc-de-scie sous l’abri d’auto du voisin!

Pluie battante

Pluie

La cabane

Dans le grand blanc

Chouette!

Hier

Trop tard pour une expédition, j’irai juste me promener sur la route de campagne, à deux pas de chez moi…
Je n’ai pas bien planifié, la pluie de la semaine dernière l’a transformée en patinoire. J’emprunterai donc la piste qu’une motoneige perdue a laissée dans le champ.

L’air sibérien de janvier a tiédi. À fleur de neige bleue, la lumière orangée de fin d’après-midi joue à travers les arbres endormis à l’orée du bois. C’est magnifique.
En quelques acres, la pente monte sans presse sur le coteau. Au-delà de sa crête apparaît tranquillement le squelette dégarni de la grande épinette. Plantée à côté d’un ruisseau, cernée d’un bosquet d’aubépines, elle trône là depuis des lustres, témoin périmé du grand défrichage agricole. On la connaît bien. Du plus loin que je me souvienne, c’est là que du vivant de mes chiens on allait faire une pause. L’arbre est seul sur le plateau, mirador par excellence pour le vieux harfang qu’y s’y postait quotidiennement, l’œil aiguisé, à l’affût. Nous approchions délicatement pour ne pas perturber la chasse silencieuse de l’oiseau zen. Il dévissait bien la tête dans notre direction, mais semblait rapidement considérer que ma bête était trop grosse pour faire son gibier. S’assurant qu’on était bien sages, il se revissait et rajustait son regard embrassant les alentours garde-manger. On ne l’a pas vu depuis quelques années.

À près d’un kilomètre encore, il y a, il me semble, quelqu’un perché sur la plus haute branche de notre épinette. Non, ce n’est pas maître ookpik : trop gros, trop foncé, trop ébroué dans le vent. Quel est donc cet oiseau?! Je m’approche au pas de promenade. Je m’approche en me demandant si je ne suis pas en train d’être mystifiée par un sac-poubelle agrippé à un arbre. Je m’approche encore… La piste qui me porte longeant le champ en parallèle est trop éloignée, j’opte pour une franche perpendiculaire dans l’étendue immaculée. Mais voilà que, quelques dizaines de mètres plus loin, le couvert de glace cède sous mon poids et me laisse embourbée jusqu’aux hanches. Me débattre est vain, pas moyen de continuer. Levant les yeux dans le contrejour, je distingue de loin une belle queue et le profil plat d’une grosse tête ronde qui aurait mis son capuchon bordé de minou. Juste à temps pour voir s’envoler l’imposant et majestueux oiseau. Plus farouche que son cousin harfang, la chouette lapone importunée s’élance déjà, en silence, au ralenti, deux coups d’ailes sûrs, une longue et belle glisse planée en rase-mottes, puis elle disparaît dans le boisé.

 

Redoux

On a retrouvé le ruisseau caché au cœur du boisé. Tapi au creux d’un vallon étroit, il serpente tranquillement à l’abri du vent. Promenade singulière : on s’en va descendre son cours. À force d’années qui passent, plusieurs arbres en barrent maintenant le chemin. De toute évidence, outre la très affairée gent trotte-menu, personne ne s’y est encore aventuré, le sentier imaginaire est immaculé.

L’entreprise s’avère acrobatique à enjamber les troncs ou à ramper dessous dans la poudreuse profonde. Lourdes enjambées oursonnes étouffées dans la ouate, aucun bruit. Un peu plus loin en aval, le vallon s’élargit et s’accidente. Comme en cachette, à quelques centimètres sous nos pas, le ruisseau s’abreuve, se gonfle, accélère, puis dégringole la cascade. On l’entend rigoler doucement sous l’édredon puisque c’est là qu’il devient rivière. En contrebas, l’eau agitée ne tient plus la neige. Changement de direction : on escalade. La pente est abrupte et bien ensevelie, empêtrés dans nos raquettes on jouera deux ou trois fois à l’avalanche avant de s’en extirper sains et saufs.

Sur la crête, on longe encore un peu notre cours d’eau en zigzaguant entre les feuillus avant de s’enfoncer au hasard dans le bois. Tiens, allons par là.
On bute sur une zone barbelée d’aubépines? Qu’à cela ne tienne, allons plutôt par là.
Tiens, un grand pic en habit de carnaval.
Tiens, dans l’arbre, une cache de chasseur.
Tiens, une sente d’ongulés.
Tiens, un chevreuil passe en silence.
Tiens, un autre… et un autre…

De tiens en tiens, on se retrouve, comme dans un conte, en plein cœur du chez soi, intime mais déserté, de la famille chevreuil. Sur plusieurs mètres autour d’une épinette noire géante, la neige est grattée et piétinée par les pattes à ongles, foulée et tassée par les grands corps sauvages. Vite s’en aller d’ici avant d’y laisser nos traces et notre odeur de prédateurs!

À la sortie du bois, sur le plateau herbeux où le buissonnage avait retenu trop d’air pour tenir notre poids, nous nous sommes débattus dans le grand blanc en plein vent, mais nous sommes revenus sans nous perdre.

Marée baissante

Au bord du fleuve, sous un ciel immaculé, l’air est vif et le vent de février mordant.

Marée baissante.

Soumises à la gigantesque vague planétaire, les eaux du fleuve se ruent vers l’océan en charriant des tonnes d’icebergs en mille miettes. Dans un vacarme de débâcle et de vitre broyée, le train des glaces libres se frotte au passage à la banquise qui, prisonnière de la baie, grince, gronde et explose sous la force implacable.

Au loin, sur l’autre rive, la bourrasque soulève au soleil la poudreuse tombée ces derniers jours. À fleur de chenal, on voit la batture chatoyer comme l’or et l’argent sous la lumière oblique de 16 heures.