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L’oie des neiges

Marchant sur la banquise nez au vent, j’ai failli trébucher sur une oie, assise là.
Blanche oie des neiges sur neige blanche, elle m’a jeté, sans broncher, un regard noir.
Pas pressée non plus, je me suis assise aussi.
Coites, becs au vent, on a regardé les glaces passer.

Août au lac

Les intrus à moteur son partis.
Mon beau grand lac a retrouvé la tranquillité d’août. La forêt et sa petite faune sont les premiers à reprendre leurs droits.

Ah, le plaisir de nager seule dans un grand lac à l’onde fraîche. Au-dessus, une buse joue au planeur dans les courants d’air chaud. Dans le royaume à grenouille, N’Héron, le grand bleu, fait la branche sur ses échasses en attendant que son goûter passe par là. Riquiqui, le Martin-pêcheur fou, se garroche à l’eau puis se sauve, menu fretin au bec, dans un joyeux bruit de crécelle. Jo et Josette Huards, au rire dément, émergent ici, puis coulent là, puis ré-émergent… tiens, où donc cette fois?

Avec le «silence» du lac et de la forêt touffue: ténus clapotis, bourdonnements des demoiselles, craquettements des cigales, petites notes sifflées, nasillardes, ou flûtées des volatiles invisibles dans la frondaison, chiffonnements trotte-menu dans le couvre-sol craquant, cris de guerre de l’écureuil roux, au loin la mitraillette du grand pic et le houhou-hou-hou-houhou «disco» de la chouette. Avec le long vent d’ouest qui prend son élan loin au-delà des limites du lac pour venir s’enchevêtrer en murmurant aux sommets des grands pins.

 

Triste histoire de chasse au canard

PAN! le gibier atteint est à l’eau.
Dans l’enthousiasme pour le cueillir, le canot a versé.
Sa veste n’était pas attachée,
le jeune est mort, noyé.

Ma méditation à moi

JEUDI
C’est ma méditation matinale à moi.
Je regarde le héron.
C’est la pêche au ralenti.
En sculpture élégante, immobile sur ses longues pattes-branches piquées dans le courant de la marée baissante, le bec-harpon visant à gauche, il attend.
Un bon moment.
Imperturbablement.

Changement de stratégie, variation de l’angle, visée un quart de tour à droite.

Au bout d’une éternité, il décoche!
Petit déjeuner!

VENDREDI
Comme une apparition de science fiction, le grand héron surgit entre les cimes, éclair bleu et gris en plein soleil. L’air complètement ivre, il vire, pique, remonte et tournoie, acrobaties risquées pour ses longueurs de cou et de bec, d’ailes et de pattes (l’envergure totale du grand héron bleu atteint entre 1,83 et 2,14 m.), je crains qu’il ne se démembre, qu’il ne s’auto-tricote, qu’il ne s’écrase comme un avion dans la falaise… Que lui arrive-t-il?
Au tournant du sentier, je vois la scène: il est poursuivi par un drone.
– Mais vous affolez le héron!
– Ah c’est un héron? Il vient souvent ici?
– Bien… ici, c’est chez lui!
– (rigolade)

Triple idiot.

 

La grande mue printanière

La grande mue se fait tranquillement cette année. À n’en plus finir. Ça rassure les riverains…

Grande mue de ma bagnole, aussi, ce matin. J’ai confié la charrette au garagiste et suis revenue à pieds par le raccourci le plus raccourci : la voie ferrée.

Je me suis retrouvée au milieu d’une volière. Au milieu d’une belle bande de volatiles: les résidents, des hivernants, des estivaux, et tous les touristes ailés d’avril. Quel spectacle, quel concert!
En vingt minutes, j’ai vu et/ou entendu : la petite mésange à tête noire et la sittelle à poitrine rousse, bien sûr, la corneille, le rouge-gorge, le carouge à épaulettes, la tourterelle triste, le roselin pourpré, le chardonneret jaune, le bruant chanteur, le cardinal rouge, le mitrailleur pic chevelu, une couple de bernaches avant l’heure, un goéland, et quelques autres non identifiés, dont un rapace qui, alternant loopings et piqués, cabriolait en criant gaiement. Ça fait ma journée!
J’ai eu un peu de mal à identifier celui-ci qui était trop loin. Il m’a paru élancé, la forme d’un merle, peu être un peu plus petit, bec d’insectivore, couleurs plutôt ternes, dessous plus pâle que le dessus, seul, calme, perché à la cime, doux chant grave et flûté, toujours la même phrase : ré-la et courte vrille descendante…
La grive solitaire!

Le harfang

Un beau harfang vient de passer au-dessus de la maison en criant.
Ça donne un «AWR!», à mi-chemin entre un miaulement (sans le «m» du début) et un jappement (sans le «f» de la fin)…

Chouette!

Hier

Trop tard pour une expédition, j’irai juste me promener sur la route de campagne, à deux pas de chez moi…
Je n’ai pas bien planifié, la pluie de la semaine dernière l’a transformée en patinoire. J’emprunterai donc la piste qu’une motoneige perdue a laissée dans le champ.

L’air sibérien de janvier a tiédi. À fleur de neige bleue, la lumière orangée de fin d’après-midi joue à travers les arbres endormis à l’orée du bois. C’est magnifique.
En quelques acres, la pente monte sans presse sur le coteau. Au-delà de sa crête apparaît tranquillement le squelette dégarni de la grande épinette. Plantée à côté d’un ruisseau, cernée d’un bosquet d’aubépines, elle trône là depuis des lustres, témoin périmé du grand défrichage agricole. On la connaît bien. Du plus loin que je me souvienne, c’est là que du vivant de mes chiens on allait faire une pause. L’arbre est seul sur le plateau, mirador par excellence pour le vieux harfang qu’y s’y postait quotidiennement, l’œil aiguisé, à l’affût. Nous approchions délicatement pour ne pas perturber la chasse silencieuse de l’oiseau zen. Il dévissait bien la tête dans notre direction, mais semblait rapidement considérer que ma bête était trop grosse pour faire son gibier. S’assurant qu’on était bien sages, il se revissait et rajustait son regard embrassant les alentours garde-manger. On ne l’a pas vu depuis quelques années.

À près d’un kilomètre encore, il y a, il me semble, quelqu’un perché sur la plus haute branche de notre épinette. Non, ce n’est pas maître ookpik : trop gros, trop foncé, trop ébroué dans le vent. Quel est donc cet oiseau?! Je m’approche au pas de promenade. Je m’approche en me demandant si je ne suis pas en train d’être mystifiée par un sac-poubelle agrippé à un arbre. Je m’approche encore… La piste qui me porte longeant le champ en parallèle est trop éloignée, j’opte pour une franche perpendiculaire dans l’étendue immaculée. Mais voilà que, quelques dizaines de mètres plus loin, le couvert de glace cède sous mon poids et me laisse embourbée jusqu’aux hanches. Me débattre est vain, pas moyen de continuer. Levant les yeux dans le contrejour, je distingue de loin une belle queue et le profil plat d’une grosse tête ronde qui aurait mis son capuchon bordé de minou. Juste à temps pour voir s’envoler l’imposant et majestueux oiseau. Plus farouche que son cousin harfang, la chouette lapone importunée s’élance déjà, en silence, au ralenti, deux coups d’ailes sûrs, une longue et belle glisse planée en rase-mottes, puis elle disparaît dans le boisé.

 

En passant à Cap-Santé

Après-midi d’été en septembre.
Errer sur la grève déserte avec mon amie d’enfance.
Chercher des fossiles, s’émerveiller de cailloux.
Faire la pose goéland, bec au vent.

Chez le héron bleu

Héron

Chez le héron bleu

Héron

Chez le héron bleu

Le grand héron. Bleu, quand il vole…

Chez héron-1

Chez héron-2

Chez héron-3

 

L’oiseau clown

PLOUCH!
Ce n’est pas une roche, c’est le petit martin, pêcheur intempestif, qui vient de se lancer à l’eau n’importe comment pour en ressurgir illico, poisson au bec.
Et allez YOUPLA HOP, on y retourne! Et encore et encore…

Joie!

Puis, pour rien, dans un crépitement de bébelle, il passe comme une flèche sous mon nez et disparaît au tournant de la rivière.

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Martin-pêcheur-3

 

Voix d’oies

Un grand voilier d’oies vient de passer, guère au-delà de la cime des arbres. Avoir parlé oie, j’aurais tout compris de leur cacardage!

 

Reine-Mère se meurt

Attention, voisins d’arbres à petits fruits, soyez aux aguets : les jaseurs boréaux sont en ville! En gangs bruyantes, ces punks ailés de passage, la huppe dressée et les yeux bandés, videront vos arbres en quelques minutes dans un désordre total et fileront tout avinés…

Reine-Mère, la battante, se meurt. Petite pneumonie du Jour de l’An, deuxième épisode. Ceux qui la connaissent s’étonneront : «Encore?», me direz-vous? Eh oui, elle fait toujours les choses avec originalité, si on la pleure, elle ressuscite. C’est sa quatrième vie qui s’éteint, je crois, elle tient probablement du chat. On verra demain…

Magnifique journée de janvier. J’ai marché lentement jusqu’au bout de la plage. Juchée entre ciel et mer sur le promontoire, j’ai contemplé en propriétaire le grand désert de glace concassée, aveuglant de soleil, qui s’étend jusqu’au chenal de mon grand fleuve dans un fracas de vitres cassées. Puis je me suis endormie sur le banc du parc.

 

Aujourd’hui au fleuve

Cet après-midi sous la bourrasque de janvier, le fleuve à marée haute était vert… gris-vert.

Le long de ses rives, le clapotis brassait des grandes talles de nénuphars sucre-en-poudre qui finissaient de se dissoudre dans une bonne épaisseur de pouding à la vanille.
J’y ai croisé un nuage de pigeons vrillant autour du petit pont…
Un rare canard d’hiver format compact (le bec-scie couronné, je crois), zigzaguant nerveusement sur l’onde, la huppe aux quatre vents…
Une trentaine de bernaches dodues et trompettantes faisant la pause-cacardage avant la grande portion du voyage.

Et les traces de raquettes de Monsieur Drolet.

 

Le héron bleu

;;Héron-1        Héron-3

;;Héron-4        Héron-2

 

Le grand héron

Je n’avais pas mon équipement photographique.

À flanc de cap, à la faveur du soleil oblique de septembre, le grand héron est passé au-dessus de ma tête comme un éclair au ralenti. Il s’est arrêté en l’air, suspendu, a ramassé ses grandes ailes, ses grandes pattes, son grand bec au bout de son grand cou, et il a déposé ce lourd bagage sur la branche d’un grand pin. Il s’est balancé gauchement un moment avant de trouver son équilibre et de prendre la pose élégante. Je l’ai observé longtemps se prendre pour la plus magnifique estampe japonaise, puis, sans se lasser, lisser ses rémiges à gestes amples d’ailes et de bec.

Après une petite éternité, il a rassemblé son gréement et a lancé bruyamment ses voiles dans le vent, jusqu’à la rive du fleuve.

 

La promenade du junco

Le minime junco ardoisé, l’air d’un petit poulet en habit de deuil, traverse furtivement, en diagonale, mon jardin. Comme en danger, comme en urgence, il sautille, picore, sautille, picore, et sautille et picore encore.
Fructueuse fuite.

 

Petites scènes de chasse

Il fait froid, mais il fait beau.

Le soleil commence à réveiller les chaumières, les tanières et les ventres creux.
La ribambelle des trotte-menu, petit fretin, est en balade.
Elle sautille, gambade, explore, joue et… cherche quelque chose à se mettre sous la dent…

La souris se promène…

Petite chasse-1

Elle danse, même!

Petite chasse-2

L’écureuil cueille les cocottes

Petite chasse-3

Les cocottes

Petite chasse-4

Hop, le lapin!

Petite chasse-5

Oups… un renard!

Petite chasse-6

Hélas, la souris a croisé le renard…

Petite chasse-7

Le harfang aurait-il croqué le renard?

Petite chasse-8

Allons-nous-en d’ici!

Petite chasse-9

FIN

Petite chasse-10

Petite chorale matinale

De très haut, perchés, les solistes lancent leur tirade métallique.
Motif clair et mélodieux du bruant chanteur, l’entêté,
du bruant à gorge blanche, sifflant, comme en plein été.

De plus près, en accompagnement, gestes buissonnants.
Affairement chuchotant des besogneuses mésanges,
babillage nasillard des roitelets sautillants,
gazouillements légers de la bande des sizerins flammés,
trilles ténus sur un ton des juncos ardoisés.

De loin, le chant flûté du merle,
les plaintes lasses des tourterelles.
Parfois, retentissant, un grincement d’oiseau noir,
ou, rumeur au delà des cimes, toutes voiles dehors,
la régate des oies bavardes, parties pour le nord.

En retard, étourdi, l’étourneau sansonnet,
imitant ma foi habilement tout cela,
jetant en vrac pépiements, miaulements et gazouillis,
roulements, roucoulements, sifflets,
trilles, vrilles, et quolibets.