Articles étiquetés: gens

Restauration

Je restaure des photographies (d’auteur inconnu) datant de 1949-1950, à partir de négatifs noir et blanc 2 1/2″ x 4 1/4″ très abimés.
C’est passionnant!

Restauration en cours
Les ingénieurs créent des routes dans l’arrière-pays du Québec. On les dépose dans la forêt avec leurs équipes et leurs outils, avec leurs tentes, leurs vivres, leurs gamelles, leurs raquettes et leurs chiens…
Ici, l’équipe d’arpentage et de tracé des routes (Côte-Nord, entre Baie-Comeau et Haute-Rive), est transportée par le bimoteur Toulnoustouk du Canadian Pacific Airlines.

Pour faire retoucher ou restaurer vos photographies, suivez ce lien.

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Gutenberg à la petite école

Belle vidéo ici présentant la technique d’imprimerie à caractères mobiles inventée par Gutenberg.
Le métier ancestral n’est plus pratiqué que par quelques poignées d’initiés. Quelle maîtrise, c’est magnifique! Le livre a bien changé…

Au primaire, nous imprimions le petit journal d’école de cette manière. Les majuscules étaient rangées dans le tiroir du haut, les minuscules dans celui du bas (haut de casse, bas de casse). Nous alignions chaque petite lettre de plomb, surprenamment lourde pour sa petitesse, jusqu’à former des phrases à l’envers bien cordées que l’on enserrait, entre les blocs margeurs, dans un cadre de bois.
Les encres étaient si denses et collantes que je me souviens du bruissement des rouleaux encreurs passés méticuleusement («ni trop, ni trop peu!»), sur chaque caissette. Puis nous imprimions, une page à la fois, en écrasant le papier avec une presse à bras. Notre petit artisanat s’arrêtait malheureusement à la reliure brochée.
Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris à quelle culture nous avions été initiés et pourquoi je cherche toujours autant… à éviter les fautes.

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Carmina burana

Les CARMINA BURANA de Carl Orf étaient présentées lundi dernier à la Maison symphonique : OUF!
Un chef, trois chanteurs solistes un peu dada, deux pianos à queue tête-bêche et une tribu de percussionnistes musclés, cernés par un chœur de 200 voix ajustées au pointillé, dont plus d’une vingtaine d’hommes au pupitre des basses… Impressionnantes basses. Terrestres. Omniprésentes.

Comment décrire cette œuvre étrange? Introduit et conclu par deux complaintes d’O FORTUNA décoiffantes, le recueil de chansons païennes, entre sévère et léger, entre le moyen-âge, le vaudou et la comédie musicale, mais avec rien ni de l’un ni de l’autre, ne se décrit pas.

O Fortuna
velut luna
statu variabilis,
semper crescis
aut decrescis;
vita detestabilis
nunc obdurat
et tunc curat
ludo mentis aciem,
egestatem,
potestatem
dissolvit ut glaciem

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Minute nostalgie

Cette folle météo des derniers jours me rappelle une folle semblable, quelque part à la fin des années 70. C’était l’époque des fleurs, du pot léger et du pays rêvé. C’était aussi l’époque sans ordinateur, sans téléphone «intelligent» et sans la météo en ligne.

Tout au bout de la route, le CEGEP avait été surpris par la tempête de neige en fin d’avant-midi, en plein cours de Philosophie de l’art de M. Hébert qu’il n’était pas question de quitter. Panne d’électricité majeure, routes fermées, la ruée vers les derniers autobus avait laissé quelques dizaines d’étudiants derrière, allions-nous devoir passer la nuit à l’école?!

Étranges heures à flâner dans les corridors du collège engourdi sous un blizzard violent, à se fabriquer en rigolant un jeu de carte maison avant la noirceur. Dehors, la tempête ne dérageait pas. Il fallut ce qu’il fallut. En caravanes aveugles à travers la bourrasque, les gars ont été dirigés vers la résidence des gars, les filles vers celle des religieux dans le pavillon voisin. Comme en monastère, y régnaient un silence méditatif et quelques murmures de prières venant d’on se savait où. On a bien dû être nourris mais ma mémoire n’en a rien retenu. En catimini, en soirée, bien bougrinées, on est allées sans se perdre rejoindre les gars pour un poker à la chandelle. Personne ne s’est enrichi, personne ne s’est appauvri, mais ce qu’on a pu rire!

Le lendemain, au réveil, le campus n’était plus qu’un lisse désert arctique aveuglant, à perte de vue sous un ciel immaculé. Comme aujourd’hui. Au chaud dans le petit salon austère avec mon amie Dominique, on a refait le monde tout l’après-midi en écoutant la Récolte de rêves des Seguin…
«Le long d’un grand pays de neige, les arbres se sont endormis et c’est l’hiver…»

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Le mal de vivre

Deux grands gaillards se ramassent à bras le corps en pleurant comme des veaux.
Des dizaines de jeunes adultes… et des oncles, des tantes, des cousins, des cousines, des amis… et une mère, un père, une grande sœur… sont réunis, incrédules et chavirés.

Il semblait pourtant avoir du talent pour vivre.

Il s’est suicidé.
Comme ça.
Il a achevé son cheval.

Oui, le mal de vivre tue.

Mal de vivre sournois, qui n’est la faute de rien ni de personne, qui choisit sa victime à l’aveugle et s’y installe à demeure, en secret.
Mon petit-cousin nous l’a expliqué dans une grande lettre qu’il a eu la délicatesse de laisser à sa mère et à tous ceux dont il déchirait le cœur. Une belle lettre remplie d’intelligence, de profondeur, de sensibilité, de beauté et de tendresse.
Un baume étrange sur une plaie béante.

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Bonne année!

Comme de coutume, nous achevons l’année chez Paul, à deux pas du château Frontenac. On se réserve un bon 20 minutes pour se bougriner comme des ours, puis on grimpe sur le toit.

Au-delà du château, avec ses toits de cuivre, ses poivrières et ses lumières de Noël de mauvais goût, la vue embrasse large : l’île d’Orléans, le fleuve, le port, les montagnes et tous les toits et les clochers de la vieille ville. On reçoit les boum boum de la fête en contrebas, on aura tantôt en pleine face les feux d’artifices. Jadis, avant l’invention de ce party disneylandien, on avait droit à une poésie plus pittoresque. À minuit, les clochers entonnaient un joyeux carillon de vraies cloches auquel faisait écho un chœur de basses profondes, les cornes de brume des bateaux amarrés au port.

De mémoire c’est notre plus froide veillée du Jour de l’An. Pas de photos, les appareils sont gelés, on croque le champagne en granité à – 27 degrés C (-40 tout bien compté).

Bonne année tout le monde, je souhaite à chacun une joie quotidienne!

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Vos commentaires

Bonjour à vous, chers visiteurs!

Il arrive parfois de ces gestes irréversibles et fâcheux…
Par mégarde, j’ai effacé tous les commentaires que vous m’aviez envoyés jusqu’à aujourd’hui. Vous m’en voyez triste et désolée.

Puisque c’est toujours un grand plaisir pour moi de vous lire et de vous répondre, je profite de cette malencontreuse gaucherie pour vous inviter à m’écrire encore. Il vous suffit de cliquer sur le titre de l’article, un formulaire simple s’affichera aussitôt! Vous pouvez aussi me joindre directement par le lien disponible sous l’onglet INFORMATIONS.

Merci et salutations!

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En passant à Cap-Santé

Après-midi d’été en septembre.
Errer sur la grève déserte avec mon amie d’enfance.
Chercher des fossiles, s’émerveiller de cailloux.
Faire la pose goéland, bec au vent.

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Le vieux piano de Madeleine

Il y a quelques temps je cherchais un piano pour Mémé. Que j’ai finalement trouvé par mon groupe privé de «prêt et partage». Dans ce fou groupe, il y a Mylène Moisan, chroniqueuse au journal le SOLEIL. Elle a trouvé l’histoire belle, elle la raconte en page deux du journal de ce matin.

Ça tombe bien, Reine-Mère avait le tempérament d’une vedette. Je lui ai souvent répété: maman, faut que tu écrives tes mémoires, ce serait des mémoires passionnantes et très drôles. Elle ne l’a jamais fait, elle «ne savait pas par où commencer». Sans compter qu’elle n’aurait peut-être pas fait LA DEUX du journal…

EH BIEN ÇA ALORS!, que vous vous dites, n’est-ce pas? Moi aussi!

Lire l’article
Ma photo accompagnant l’article:

Piano

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Madeleine Monette Laliberté 1926 – 2017

Hommage à ma mère

Mom

Voilà !…
Après plusieurs échecs, la mort a finalement eu le dernier mot. Notre mini Reine-Mère, tête dure devant l’éternel, incompatible avec la chose conventionnelle, est décédée le 5 juin à l’âge vénérable de 90 ans.

Deux jours plus tôt, après avoir fait des petites emplettes dans sa petite auto rouge, après avoir pianoté sur le nouveau vieux piano et s’être bricolé un cornet de crème glacée, dans la maison-bercail qu’elle aimait tant, elle nous avait surpris avec une dernière fantaisie : rupture d’anévrisme.

«Huit heures moins quart, j’ai fait le 911»… Ce sont les derniers mots qu’elle a notés dans le cahier qui lui servait d’aide-mémoire, de pense-bête, de journal  et de correspondance. Deux jours plus tard, après avoir bataillé pour trouver encore un peu d’air, après avoir laissé tout son monde venir lui dire au revoir, elle est partie ailleurs semer sa bonne humeur.

Pour décrire maman, on pourrait énumérer les pépins qu’elle a frappés et les tuiles qu’elle a reçues. Un tas! L’essentiel réside plutôt dans ce qui faisait d’elle une femme d’exception. Ceux qui ne l’ont croisée que furtivement, autant que ceux qui la connaissent depuis toujours, garderont d’elle une image lumineuse. Pour emprunter au vocabulaire artistique, permettez-moi de peindre son portrait en larges traits vifs, à la manière de l’expressionnisme qui lui sied bien :

Portrait de ma mère

Couleur et fantaisie

Anticonformisme

Sens de l’émerveillement et curiosité illimités

Audace et urgence

Élégance et fierté

Ténacité, résistance et grande naïveté

Humour blindé et moral d’acier… dans un corps de petit oiseau.

 

Et, toujours, ce lumineux et irrémédiable sourire…

Les funérailles ont eu lieu à Québec le 23 juin.

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Party de vinyles

L’apéro en famille

Les bons côtés de la technologie

Mon chum et moi on prend l’apéro mollo, bien installés dans le canapé.
Déposé sur la table, le téléphone (appel conférence longue distance main libre sans frais) nous permet de jaser de tout et de rien jusqu’à plus soif avec nos fils, chacun bien installé dans son canapé avec son apéro, chacun dans sa ville d’adoption.

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À l’ancienne

À la quincaillerie aujourd’hui, le commis-quincaillier-ex-designer-graphiste était libre de jaser et de rigoler. On s’est rappelé l’époque sans l’ordinateur, le lettrage dessiné à la main, le tire-lignes, le rubylith, l’amberlith, le rapidographe, la soie de la sérigraphie et l’odeur du thinner…
Avant de se souhaiter, comme dans l’ancien temps, un Joyeux Noël!

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À bientôt Renou

Ici on ouvre grand les fenêtres, pour laisser entrer l’air frais.

Un bon matin par la fenêtre ouvrant sur la brise du large, est entré un chat… caramel.
Mine de rien, le pas long et souple, il s’est glissé à l’intérieur. D’un geste ample, il s’est lové à l’aise dans le grand fauteuil. Mi-intrigué mi-intriguant, œil en coin, il a ensuite longuement scruté les alentours et tâté le pouls de la maisonnée. Le nez en l’air, l’oreille en patrouille, il s’est ensuite dessiné un sentier tout en arabesques et il a fait le tour du propriétaire.

Cher Renou-voyageur, partenaire attentif, tanguero insatiable et créatif, merci! Pour des dizaines d’heures, des centaines de tandas et des milliers de pas de tangos. Comme celles de l’ami, du fils, ou du frère, ton empreinte s’est inscrite près de mon cœur et dans mes bras.

D’autres fenêtres s’ouvrent… allez va!
Et sache qu’ici, les fenêtres ne se referment pas.

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Jean Laliberté 1956 – 2006

Photo Jean Laliberte

Il est cruel de survivre à son enfant.

J’ai amené ma vieille maman, hier, sur la tombe de mon frère.
Pourquoi donc retourner où l’on a enterré les dépouilles de nos défunts. Sans doute pour raviver le souvenir de leur chère présence. Ainsi, nous avons ri.

Le cimetière est un abri au cœur de la cité. Loin du bruit, du bitume, de la chaleur caniculaire. Sans urgence, on n’y attend rien et il n’y arrive rien.
On peut s’asseoir sur l’herbe, mieux, s’y étendre avec, à travers les ramures, vue libre sur des nuages à lire. Altocumulus.

Le lot est à trois pas du boisé. La nature étant plus résiliente que nous, l’endroit nécessite à première vue un grand débroussaillage. Quel fouillis!
Certes, des fleurs «nobles», que j’avais mises en terre elles aussi, profitent de l’endroit tiède. Au fil des ans, une joyeuse débauche de «mauvaises herbes» les ont rejointes le plus naturellement du monde. Plantain majeur, pissenlit, surette, petite oseille, consoude, laiteron… sur arrière-plan framboisier et montagnes. Toutes plantes nourricières ou médicinales. Nous ne toucherons à rien de cette charmante salade. C’est telle quelle que Jean l’aimait.

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Les enfants dans la guerre

Il y a, à l’heure on l’on se parle, des millions de petits yeux qui ont déjà vu beaucoup trop. Quand j’étais petite, à l’âge où, en théorie, l’on dessine des bonhommes, une maison, un soleil, des animaux et des fleurs, je me demandais pourquoi mon grand frère et ses amis ne dessinaient que des engins de guerre, des tanks, des avions qui s’écrasent en feu, des bombes qui explosent, des soldats qui s’entretuent avec des mitraillettes en hurlant, des morts ensanglantés… du vert camouflage, du gris acier, des grandes taches jaune feu et rouge sang. Puis, j’en ai dessiné moi-aussi. C’était ça : on évacuait la guerre du Viet Nâm, pourtant si loin de nous. Après, on est devenus des petits hippies…

On les ferme de temps en temps quand c’est insupportable, mais les yeux sont les portes de l’esprit, ce qui y entre y reste en tant que matière première. La tâche subséquente est de remodeler, récupérer, recycler et composter tout ça pour faire pousser autre chose.

 

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Bonne Année!

C’est la saison des vœux et des résolutions…

J’entends les encouragements à oser, à risquer, à ne pas hésiter, à ne pas attendre : mordre, sauter à pieds joints, changer les choses, réaliser ses rêves, saisir les opportunités, quitter, brasser, déranger…

Ouiiiiiii!

Mais la vie a parfois des fantaisies ou des sautes d’humeur qui nous harnachent. Bien malgré soi on se retrouve pris au milieu de trucs importants, imposants, incontournables, hors de notre contrôle, qui rendent futile l’enthousiasme de la phrase précédente. C’est l’heure de la pause…

Ainsi, particulièrement à ceux qui sont pris dans un truc lourd, je souhaite de réaliser qu’être vivant est aussi, et beaucoup, et passionnément, dans des petits élans.

 

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Portrait

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Portrait

Portrait-6

 

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Portrait

Portrait-4

 

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