Articles étiquetés: fleuve

Reflets, écluse du bassin Louise

Écluse-5

Écluse-10

 

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La glace à la plage

En ces temps de fonte des glaces sur le fleuve, il n’y a pas assez de mots pour décrire la couleur et la matière.

Les bleus acier, aigue-marine, ardoise, azur, cobalt, cyan, lapis-lazuli, lilas, lune, nuit, outremer, paon, pers, pétrole, Prusse, roi, sarcelle, turquin, turquoise… Miroir, ivoire, verre, ardoise, néon, placoplâtre, feutre, ouate, dentelle, meringue, biscuit, sucre d’orge, sucre en poudre, crème fouettée, barbe-à-papa…

 

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Le fleuve

Il avait ses grands airs des jours de soleil et de vent

Haut et sonore et brillant

Vif et mouvant

Émouvant

 

J’ai erré sur ses frontières emportée par son chant

Suivi la courbe de son flanc

Y suis restée prisonnière

En passant

 

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Où sont passées les oies?

Les oies, bernaches et autres grands palmipèdes voyageurs sont en retard?
Nous avons élucidé le mystère cet après-midi.

Est-ce par fatigue, paresse ou lassitude? je ne sais trop… on en a vu passer une petite bande installées peinardes sur une banquise, descendant le fleuve au gré du courant. À une vitesse de trois nœuds, c’est pas vite vite, la petite équipée devrait arriver à Cap-Tourmente d’ici une couple de jours, ne vous inquiétez plus.

D’autre part, maître Ookpik, le grand harfang domicilié dans notre champ préféré, a déserté son aire. Sur la neige aveuglante de soleil on a vu, au bout d’une piste trotte-menu en pointillé, les preuves d’une féroce attaque venue du ciel : empreintes en éventail des rémiges ayant fouetté la neige, deux ou trois plumes blanches, deux ou trois gouttes de sang. Il a mangé la dernière souris et puis il est parti…

 

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Les ponts

Par un aveuglant matin de printemps, au-delà du brouillard anonyme, un arbre échevelé m’a fait signe
J’ai lancé un pont

Tout un été j’ai rêvé
Un arbre, une île, velours bleu, sable blond

Par un glacial matin d’hiver je me suis réveillée, fracassée dans les rochers
Le mirage s’était vaporisé

Par les matins chagrins, à l’appel des cornes de brume, je descends au rivage
Au hasard je jette des ponts vers le large
Mais ils se perdent dans le crachin
De l’autre côté, hélas, il n’y a plus rien

 

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Septembre sur la route

Sur la route, sitôt atteint un brin de hauteur: brume épaisse de septembre, on n’y voit plus. Je suis montée jusque dans un cumulus. Il m’a transportée longtemps, je crois.

Je suis sortie des nues en crevant un bandeau de brouillard, si dense qu’il m’a léchée entièrement, d’un grand coup de pinceau, pour me laisser trempée. Je connais bien ces «esprits», celui du lac et celui du marais… j’ai aperçu, déjà, celui de la rivière… mais cette fois je crois bien avoir croisé l’«esprit» de la montagne.

À la redescente, brusquement comme si j’ouvrais les yeux, me sont apparus la grande baie, le fleuve et l’islet tassés sous le capuchon gris et opaque du ciel trop bas. Entre le chaud et le froid, la ville sentait le sable frais, l’eau, la mer.

Au bout de la jetée je me suis assise un moment et j’ai laissé remonter la marée. Je me suis laissée imprégner de senteurs de varech, de l’air du large, du vent de voyage.

 

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Maritimes-1 (aux Îles)

Maritimes-11

 

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J’ai toutes les voiles dehors, je voyage en maison

4h18 AM

Branle-bas… tribord amures!

 

La maison est une nef ardente toutes voiles deferlées

La voilure de tourmentins à battants avale toute la bourrasque

Les drisses des stores claquent sur la mâture

Les haubans du toit grincent dans leur armure

 

Ai transporté mon lest à la proue, y ai fait bonne figure

Sirène immobile nez au vent, me suis laissée tanguer

Le cap est soigneusement gardé

 

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Trempette

J’ai trempé longtemps dans l’eau froide salée. Je suis moins raide mais toujours al dente.

 

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Ouragan

J’ai mis mon habit de plongée et suis allée à la plage.

J’arrive de me faire brasser. Fleuve en furie, pluie à vous noyer à gué.

Comment va Irene?

 

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Ventée

J’arrive du fleuve.

Onde jade sur fond de ciel noir, je croyais qu’un vent rude allait me recevoir.

Il a été beaucoup plus doux, il m’a murmuré vooous

 

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Gris vs bleu sur la rive

Ce duel m’apaise, je suis restée jusqu’à la fin.

De l’est éblouissant, le soleil levant séchait ma joue. De l’ouest opaque, le vent mouillé léchait mon cou. Il y eut des pauses et des revirements, bouffées de chaleur, étal et chair de poule, des longueurs, des largeurs et même un peu d’éternité.

Spectatrices discrètes, une femme et son chien ont fait la statue sur une roche boueuse. Les faune et flore lilliputiennes ont grouillé au creux des flaques visqueuses. Du large un cargo a lancé des vagues, deux poissons ont sauté, deux arbres sont passés. Le héron nous a saluées. La brume s’est finalement couchée sur la marée baissante qui l’a toute emportée. De toute évidence, le bleu a gagné.

Je ramène dans mes cheveux les odeurs vivantes de boue, d’algues, de moules. Et, tiens, cette autre, restée d’un baiser sur ma main au petit matin.

 

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Chronique du dos

Stratus, le ciel à cette heure.

Stratus mon humeur. Mauvaises journées de mécanique. Le couteau est revenu dans mon dos.
Si jamais je ne puis plus marcher, ni danser, je pourrai toujours me traîner jusqu’au bord de l’eau, me sauver à la nage rejoindre les autres poissons-volants.

Tiens, j’essaierai de me traîner à la plage en matinée, voir la brume se lever.
Peut-être…

 

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L’onde ou la marmite

l’onde ou la marmite… j’avais le choix
j’ai fait mon baptême du spa

mais voilà
son eau désinfecte et cuit
celle du fleuve me rafraîchit

plutôt sentir la moule que la lessive
je serai sur la rive la prochaine fois

 

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Je pars…

J’y serai le temps d’un coup de soleil, en pleine lumière, sans chaussures, sans lunettes et sans fard. Si je ne suis pas au large des premières maisons de la plage, c’est que je suis partie sur la marée montante.

 

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Décès de Laurent

Capitaine, mon capitaine, tu as levé l’ancre sans moi…

Comme j’aimerais t’offrir, tout-de-suite, là, ton Pepsi ou ta Chicklet’s bleue…
Parés à border au milieu des bourrasques, tu choquerais l’écoute, je barrerais adroitement… À tribord toutes!
Pour éviter ce cargo malin au cap imprévisible, pour revenir dans le chenal, pour continuer de louvoyer sous le soleil.
Mais voici la tangue et voici la houle. Car c’est la vie du marin, pas de quartier pour le gros grain!

Bon vent et à bientôt mon meilleur capitaine,

Ton meilleur matelot.

Le fleuve est presque gelé. Les navires sont à quai, ou à bon port.
Merci mon capitaine d’avoir été mon phare et ma bouée.

 

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Redoux

Début de journée comme les autres, semblait-il.
Pourtant, en pleine saison de grands froids, un petit matin ce matin s’est pointé, gris et mouillé.
Imperceptiblement, l’air s’est dilaté, tiède et doux, comme après la pluie, permettant de respirer un peu plus largement.
Incongrue, je me suis glissée dans ma jupe à fleurs.

Je venais de terminer un travail titanesque. Tant d’énergie investie dans une tâche nouvelle, tant d’inconnu, d’incertitude. Tant de remises en question et surtout, tant d’heures! J’enfilai la précieuse enveloppe sous mon bras et sortis. Calée dans la banquette, volant-café-cigarette en mains, je m’élançai sur la route du bord de l’eau. Le vent moite s’engouffrait par la fenêtre grande ouverte…
Adolescente échevelée dans sa jupe fleurie.

Le reste est sans intérêt si ce n’est qu’après avoir livré le projet, je me suis remise en route en chantant fort. Longeant le fleuve qui charriait sa gadoue, entre les lambeaux de brouillard et les brumes de fatigue, j’ai respiré un avant-goût de printemps.

 

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