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L’oie des neiges

Marchant sur la banquise nez au vent, j’ai failli trébucher sur une oie, assise là.
Blanche oie des neiges sur neige blanche, elle m’a jeté, sans broncher, un regard noir.
Pas pressée non plus, je me suis assise aussi.
Coites, becs au vent, on a regardé les glaces passer.

Glace de décembre

Décembre. Des nuits à -20. La froidure.

Au bord du grand fleuve en fin d’après-midi se déclinent tous les tons de bleu, de jaune et de rose.

À la faveur de la marée baissante, la ligne des rochers pointe lentement à la limite des eaux profondes, rétrécissant le chenal comme par surprise. En marchant longtemps, j’avais vu venir de loin le champ de jeune glace couvrant le fleuve sur toute sa largeur. Voici qu’il est entravé dans son cours, voici qu’au grand ralenti la glace doive se compresser, se recroqueviller, se télescoper, se déchirer, se concasser pour passer. Voici qu’elle se frotte à la barre de récifs, qu’elle gémit, qu’elle grince et qu’elle explose dans un interminable fracas de tremblement de terre.

La glace grise de ce décembre s’excite facilement mais n’est pas trop obstinée, elle est passée. Elle laisse la place à l’onde lisse qui descend paisiblement vers l’océan.

Très loin vers l’amont, là ou le fleuve disparaît entre ses rives, le soleil fait flamber les orangés avant de plonger au-delà de l’horizon sud-ouest.
Il est 16 heures, à l’heure d’hiver.

Marcher sur l’eau

Le ciel est bas. Silence. Nul écho dans l’air ouateux.

La première vraie neige, toute légère, est tombée. Quelques centimètres.
Sur la plage blanche où s’impriment mes pas, je longe l’eau. Le fleuve gris est lisse et calme.
La marée monte, imperceptiblement. Elle détrempe puis soulève soigneusement, sans la perturber, la couche de flocons recouvrant la plage.

Je marche un bon moment…

Au retour, je retrouve les empreintes de mes pas laissées plus tôt dans la neige. Elles se bercent maintenant, intactes dans la fine couche de gadoue blanchâtre qui flotte à la surface, à trente mètres de la rive. Comme si j’avais marché sur l’eau.

Petit matin caniculaire

le long du fleuve haut, la promenade est lente
parfums frais des tilleuls, mélilot, asclépiade
les rosiers d’embruns et la vigne des rivages
hérons bleus, becs cerclés et cols verts
les chemises blanches et les robes légères
à l’ombre généreuse d’ormes magnifiques
c’est le petit matin d’un tableau romantique
où «Bonjour madame!» et «Bonjour monsieur!»
sont de mise et délicieux

Le fleuve

Mon fleuve est en majeur, jolie brise de régate, OSO 15 noeuds.

Le fleuve

Porté par les vents de grandes marées sous le ciel bleu, mon fleuve majestueux se prend pour la mer du Nord.

Griserie fleurie

Sur ma plage, les tilleuls sont en fleurs.
Indéfinissable parfum que j’essaie pourtant à chaque année de définir. Encore une fois, j’ai longé le fleuve pendant des heures, une bractée fleurie sous le nez, en cherchant les mots fidèles au bouquet.

L’an dernier j’avais décrit : miel, concombre avec un soupçon de vanille. Ce matin, le miel et le concombre se confirment et le thé vert remplace la vanille. Égale séduction.

Si vous avez un tilleul à votre portée, allez vous mettre la face dedans au plus vite pour en respirer le parfum subtil. Après les grosses pluies attendues cet après-midi, il n’en restera rien.

Pays de cristal

Diaporama:

Illustration musicale

(hier soir à la plage)

Sous les assauts de l’hiver impatient, le fleuve déploie son jupon de frasil
Froufrous de crinolines le long de ses flancs
soyeux clapotis de perles
bruissements de dentelles
et froissements de soies
que les vagues bercent en respirant lentement dans le froid
Menuet
Et petite musique de nuit

Fin de journée au fleuve

Fin de journée sur la batture

Fin de journée sur la batture

Brume claire

Brume claire

Fin de journée dans la baie

             

Ma méditation à moi

JEUDI
C’est ma méditation matinale à moi.
Je regarde le héron.
C’est la pêche au ralenti.
En sculpture élégante, immobile sur ses longues pattes-branches piquées dans le courant de la marée baissante, le bec-harpon visant à gauche, il attend.
Un bon moment.
Imperturbablement.

Changement de stratégie, variation de l’angle, visée un quart de tour à droite.

Au bout d’une éternité, il décoche!
Petit déjeuner!

VENDREDI
Comme une apparition de science fiction, le grand héron surgit entre les cimes, éclair bleu et gris en plein soleil. L’air complètement ivre, il vire, pique, remonte et tournoie, acrobaties risquées pour ses longueurs de cou et de bec, d’ailes et de pattes (l’envergure totale du grand héron bleu atteint entre 1,83 et 2,14 m.), je crains qu’il ne se démembre, qu’il ne s’auto-tricote, qu’il ne s’écrase comme un avion dans la falaise… Que lui arrive-t-il?
Au tournant du sentier, je vois la scène: il est poursuivi par un drone.
– Mais vous affolez le héron!
– Ah c’est un héron? Il vient souvent ici?
– Bien… ici, c’est chez lui!
– (rigolade)

Triple idiot.

 

Marée baissante

Au bord du fleuve, sous un ciel immaculé, l’air est vif et le vent de février mordant.

Marée baissante.

Soumises à la gigantesque vague planétaire, les eaux du fleuve se ruent vers l’océan en charriant des tonnes d’icebergs en mille miettes. Dans un vacarme de débâcle et de vitre broyée, le train des glaces libres se frotte au passage à la banquise qui, prisonnière de la baie, grince, gronde et explose sous la force implacable.

Au loin, sur l’autre rive, la bourrasque soulève au soleil la poudreuse tombée ces derniers jours. À fleur de chenal, on voit la batture chatoyer comme l’or et l’argent sous la lumière oblique de 16 heures.