Articles étiquetés: ciel

Voix d’oies

Un grand voilier d’oies vient de passer, guère au-delà de la cime des arbres. Avoir parlé oie, j’aurais tout compris de leur cacardage!

 

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Le cap rouge au crépuscule

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Le cap rouge au crépuscule

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Ciel!

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Ciel!

Ciel de Kamouraska
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Ciel!

Ciel de tempête, Outerbanks de Caroline du Nord

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Ciel!

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Saint-Benoît-des-Ondes

À gauche, une bourgade. Pas plus grande que ça. La route peinarde longeant la baie gigantesque ne fait qu’y passer en guère plus d’une minute. Le voyageur distrait ne la remarque pas, y transite seulement, entre deux sites de villégiature entendus.

Saint-Benoît-des-Ondes, Bretagne
Un tableau.

À droite, l’océan vidé, sable rose, à perte de vue. En face, même couleur, le Restaurant bar hôtel de la baie, proue du bourg, tous auvents battants comme voilures, tenant tête au vent du nord debout. J’y passerai la nuit. Accoudé au zinc de son bar, pour ainsi dire fermé en cette saison, le patron breton trinque avec les copains de la place. On y devise bien fort de pêche, de légumes à échanger et de la Coupe du monde de foot. On se quittera tout à l’heure, question de préparer le match France/Suisse de ce soir. Pour une poignée d’euros j’aurai la grande chambre du haut, vue sur la mer, bien sûr, avec en prime la clé de l’hôtel qui sera désert cette nuit.

Ouvrir la fenêtre.

J’ai failli m’envoler avec les battants lorsque le vent salin s’est engouffré sans manières dans l’unique pièce de la suite. Allongée dans la lumière blanche et les draps frais, dans les parfums et les caresses tièdes de l’air vierge venu du large, j’ai longuement, avec délices, attendu la marée. À des kilomètres, l’onde s’est imperceptiblement mise en marche, au pas de l’homme tranquille. Elle a tout doucement noyé les pêcheries. Délicatement, comme pour ne rien briser de ces entrailles exposées, elle a ensuite envahi, en glissant, les sinuosités moites de la rivière vide, jusqu’au débordement. Puis, se précipitant gauchement pour le reste, l’eau a couru en écumant de rage pour se heurter au front de mer. Les vagues et le vent en furie ont frappé la grève enrochée toute la nuit.

La plus hypnotique des berceuses.

À l’aube bleutée, la brise rendue, couchée le long de la côte, avait laissé l’immense marée s’en retourner loin à l’horizon, jusqu’où le regard confond les choses, jusqu’où le ciel commence.

Saint-Benoît-des-Ondes

 

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VLAN, tempête de neige!

J’aime notre climat caractériel.

Hier après-midi je suis allée me promener avec le chien poilu. Oui, oui, il pleuvait des cordes.
Deux folles sous la pluie battante, taï chi au milieu du champ.
Tout à coup VLAN, c’était tout blanc tout le tour: en haut en bas à gauche à droite en avant en arrière…

Une tempête de neige est tombée!

Moi, mon coupe-vent était, à toutes fins utiles, imperméable, mais vous auriez vu l’autre, méga-lavette! De quoi ruiner un plancher…

 

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Septembre sur la route

Sur la route, sitôt atteint un brin de hauteur: brume épaisse de septembre, on n’y voit plus. Je suis montée jusque dans un cumulus. Il m’a transportée longtemps, je crois.

Je suis sortie des nues en crevant un bandeau de brouillard, si dense qu’il m’a léchée entièrement, d’un grand coup de pinceau, pour me laisser trempée. Je connais bien ces «esprits», celui du lac et celui du marais… j’ai aperçu, déjà, celui de la rivière… mais cette fois je crois bien avoir croisé l’«esprit» de la montagne.

À la redescente, brusquement comme si j’ouvrais les yeux, me sont apparus la grande baie, le fleuve et l’islet tassés sous le capuchon gris et opaque du ciel trop bas. Entre le chaud et le froid, la ville sentait le sable frais, l’eau, la mer.

Au bout de la jetée je me suis assise un moment et j’ai laissé remonter la marée. Je me suis laissée imprégner de senteurs de varech, de l’air du large, du vent de voyage.

 

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La rentrée

Décidément, la journée prend toutes les senteurs, les couleurs et les fraîcheurs d’une rentrée…

Qu’à cela ne tienne, s’en vient la saison de la brume en purée de pois, saison de la voie lactée, des couchers de soleil dramatiques et des nuages tourmentés à la manière de Constable. Saison en rémission, saison pour la résistance, où chaque matin on plonge, même si le lac est trop froid. Saison de chair de poule et de petite laine. Saison des grands chambardements de couleurs. Sortez le rouge!

À propos de mauvaises herbes…
Sur le bord du chemin: asters, verges d’or et immortelles, bouquets crème et jaune. Il semble même que l’ancolie refleurit.
L’avoine est rousse, l’orge bien blond. Le blé d’inde croquant sous la dent.

Bonne récolte et bonne saison!

 

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Août au lac

Au-dessus, en dessous, bleu, parsemé de pompons blancs. Tout le tour, ruban vert, deux tons : je suis dans un paquet cadeau.

Je suis  assise au bout du quai. Qu’y faire, sinon rien.

Clapotis.

Gazouillis chuchoté des parulines et des mésanges. Sifflet perçant du bruant qui cherche toujours son Frédéric. Au loin, dans l’écho, la phrase mélancolique du huard.

Rien d’autre.

 

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Maritimes-4 (le Cabot Trail dans la ouate)

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Maritimes-1 (aux Îles)

Maritimes-11

 

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L’astre incendié

Vendredi

J’ai la vue sur la vallée et les montagnes.
Le temps est calme. La ville et les hommes sont blottis sous une couche de gris, feutrés, sous l’édredon opaque du ciel.

Stratus.

Vers quatorze heures, tout au bout de l’horizon d’ouest, une ligne de bleu.
Elle s’élargit imperceptiblement, comme si une main géante tirait vers l’est la couverture. Lentement, doucement, comme pour ne pas réveiller.
Il y a là-bas le vent, le froid, et une lumière qui vient de très loin.
On ne peut s’empêcher, à intervalles réguliers, de jeter un coup d’œil, de se demander si ça arrivera, si on y aura droit, avant le couchant.

À seize heures quinze.
À l’heure du crépuscule d’hiver, comme une paupière qui se lève sur un regard foudroyant, comme un feu qui s’embrase, comme une explosion de joie, le ciel s’est ouvert sur le côté, crevé par l’astre incandescent.
Du coup tout le paysage est incendié, transfiguré, en rouges et orangés.

 

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Tempête de neige

L’air est immobile.

Le ciel blanc a rejoint la plaine blanche.

À mi-chemin de sa chute depuis le zénith, un soleil livide, suspendu, se dissout. L’horizon disparaît.

Tempête de neige.

La promeneuse et son chien, grands et noirs, disparaîtront dans le tableau.

 

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Novembre

C’est le mois de ma tristesse.
C’est le mois qui m’expire jusqu’à plus de voix.
Jours vite faits, sans vraies ombres, sans vraie lumière, sans surprises.
Jours d’acier sans chaleur, sans couleur, sans zénith.
Vents rustres charriant sans finesse, jusque sous les os, un froid de cadavre.

Saison froide, saison roide. Vite du blanc, s’il vous plaît!

 

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Nuit blanche

J’ai vu venir l’aube de loin.

Longtemps.

Froide. Lente. Muette.

Avançant lourdement.

 

J’aime le jour lumineux.

Fête. Cirque. Parade.

J’aime le crépuscule.

Promesse de repos. Baume sur le feu. Couverture sur les yeux.

J’aime la nuit noire.

Romance. Dormance. Latence.

 

Je hais l’aurore.

Levée de rideau cruelle sur ce qui reste, dévasté.

Série Nuits blanches-1

                                                                Série Nuits blanches-1 (pastel)

 

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Gris vs bleu sur la rive

Ce duel m’apaise, je suis restée jusqu’à la fin.

De l’est éblouissant, le soleil levant séchait ma joue. De l’ouest opaque, le vent mouillé léchait mon cou. Il y eut des pauses et des revirements, bouffées de chaleur, étal et chair de poule, des longueurs, des largeurs et même un peu d’éternité.

Spectatrices discrètes, une femme et son chien ont fait la statue sur une roche boueuse. Les faune et flore lilliputiennes ont grouillé au creux des flaques visqueuses. Du large un cargo a lancé des vagues, deux poissons ont sauté, deux arbres sont passés. Le héron nous a saluées. La brume s’est finalement couchée sur la marée baissante qui l’a toute emportée. De toute évidence, le bleu a gagné.

Je ramène dans mes cheveux les odeurs vivantes de boue, d’algues, de moules. Et, tiens, cette autre, restée d’un baiser sur ma main au petit matin.

 

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Chronique du dos

Stratus, le ciel à cette heure.

Stratus mon humeur. Mauvaises journées de mécanique. Le couteau est revenu dans mon dos.
Si jamais je ne puis plus marcher, ni danser, je pourrai toujours me traîner jusqu’au bord de l’eau, me sauver à la nage rejoindre les autres poissons-volants.

Tiens, j’essaierai de me traîner à la plage en matinée, voir la brume se lever.
Peut-être…

 

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