Belle nuit

Belle grande nuit.

Sommeil réparateur. Quel bonheur quand cette expression prend tout son sens,
Cœur, corps, tête reposés. Douleur endormie. Machine au ralenti.

L’impression d’être une méduse dans l’onde tiède. L’impression d’être Bouddha…

Ophélie

                                   Ophélie (pastel)

 

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Petite variation géométrique

La mécanique, à défaut d’être solide, est moins douloureuse. Comme il est agréable d’être debout!
De gisante me voilà piquet: changement d’angle.

 

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Novembre

C’est le mois de ma tristesse.
C’est le mois qui m’expire jusqu’à plus de voix.
Jours vite faits, sans vraies ombres, sans vraie lumière, sans surprises.
Jours d’acier sans chaleur, sans couleur, sans zénith.
Vents rustres charriant sans finesse, jusque sous les os, un froid de cadavre.

Saison froide, saison roide. Vite du blanc, s’il vous plaît!

 

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Nuit blanche

J’ai vu venir l’aube de loin.

Longtemps.

Froide. Lente. Muette.

Avançant lourdement.

 

J’aime le jour lumineux.

Fête. Cirque. Parade.

J’aime le crépuscule.

Promesse de repos. Baume sur le feu. Couverture sur les yeux.

J’aime la nuit noire.

Romance. Dormance. Latence.

 

Je hais l’aurore.

Levée de rideau cruelle sur ce qui reste, dévasté.

Série Nuits blanches-1

                                                                Série Nuits blanches-1 (pastel)

 

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Énigme

L’énigme de ce jour: pourquoi, après le vin, l’eau est-elle si sucrée?

 

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Miss Morphine

Pas bougé depuis une semaine.

J’ai rêvé à un entraînement de natation de très haut niveau. On avait rempli d’eau de mer les rues du centre-ville de Vancouver, gigantesque Venise moderne, où l’on nageait, entre les buildings (à la hauteur du 4e ou 5e étage) à très TRÈS vive allure. C’était comme voler! Je nageais en tandem avec Claude et nous étions parfaitement au tempo. Ah, c’était bon!

«Ça peut prendre deux semaines à faire effet». Le traitement m’a fait défoncer le plafond de la douleur hier après-midi. Rendu là, il n’y a plus de mesure, elle est partie pour la gloire, c’est l’âme qu’elle fait frire. Des heures, suspendue sur mes béquilles au milieu de la salle de séjour, en proie à la plus paralysante des paniques, j’ai regardé passer les minutes en hurlant comme un veau. Marc est arrivé, comme arrive un grand lac d’eau douce, et la peur, comme un mauvais chien, s’est sauvée la queue basse.

Il n’y a rien pour soulager l’âme, mais j’ai accepté la prescription requise scientifiquement par mon état, je devrais passer de Miss Cortisone à Miss Morphine. Hier soir j’ai plutôt pris le vin.  Aujourd’hui, j’ai une tête d’Halloween, mais j’ai un peu moins mal, un peu moins peur…

 

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La poupée vaudou

Avoir mal sans pleurs, m’empoisonner sans peur, appréhender sans déprimer, attendre sans trop espérer…

J’attendais, c’est bien moi, un miracle immédiat qui ne se manifeste pas.
J’attendrai encore, recroquevillée, l’automne est déjà une éternité.

Il y a quelque part entre de mauvaises mains
une poupée vaudou à mon effigie
Mais Morphée m’a trouvée cette nuit
au moins.

À demain!

 

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Panique

Le traitement ne m’a offert que quelques journées endurables. La douleur est revenue, matraque. Vive, profonde, étendue, ininterrompue… comme une rage de dents lâchée lousse entre le dos et la cheville. Comme sa propre vengeance.

Je suis de moins en moins mobile. Mon cher bord du fleuve s’éloigne de jour en jour. L’univers ratatine, néant vertigineux…

Plutôt que faire dans la tragédie grecque, je ferai dans le Moyen-Âge, ou dans le Louis XIV. Je suis passée hier à la salle des tortures. J’ai un corset pour la marche, reste à y accrocher ample jupe à paniers, velours-taffetas, bouffants dentelle-organdi et vertugadin armé… à me poudrer un peu, une mouche sur la joue, et je pourrai être vagale tout mon saoul, tomber dans les pommes fera bien dans le portrait…

Vivement l’Halloween!

 

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J’ai toutes les voiles dehors, je voyage en maison

4h18 AM

Branle-bas… tribord amures!

 

La maison est une nef ardente toutes voiles deferlées

La voilure de tourmentins à battants avale toute la bourrasque

Les drisses des stores claquent sur la mâture

Les haubans du toit grincent dans leur armure

 

Ai transporté mon lest à la proue, y ai fait bonne figure

Sirène immobile nez au vent, me suis laissée tanguer

Le cap est soigneusement gardé

 

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Neuropathie sévère

Une vrille neurophage descend dans ma jambe, je monte lire La rage dans ma chambre.

À hurler le soir

À hurler, le soir (pastel)

 

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Trempette

J’ai trempé longtemps dans l’eau froide salée. Je suis moins raide mais toujours al dente.

 

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Accompagnement

Ma canne joue de la flûte. Par grand vent elle souffle une petite note: do…

 

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IRM

21h15. On m’a tout de suite donnée en pâture à l’extraterrestre engin qui m’a avalée, digérée un peu, puis recrachée, après quatre séries de borborigmes vertigineux.
J’étais revenue chez moi à 22h15, magnétisée mais entière, je crois.

 

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Répit

Lorsque distraitement la douleur baisse la garde et s’endort, on peut mesurer ce qu’elle a volé. On réalise qu’elle nous a brisée, plombée, domestiquée.

Arrivée en sourdine par une tempête de février, la créature griffue s’est accrochée au creux de mes reins. Insidieuse comme l’accoutumance, la douleur charpentière a miné mon dos, brûlé ma jambe et soudé mon bassin. Toujours je sens son pouls qui palpite à contre-temps du mien.

Hier, le temps d’un rêve éveillé elle m’a oubliée. À l’ombre du vieux merisier, j’ai fermé les yeux et me suis envolée. J’ai couru jusqu’au bout de la rivière, nagé jusqu’à la fin des lacs, grimpé jusqu’au couronnement des falaises. J’ai plongé, comme saute l’ange, puis explosé cent mètres plus bas dans l’eau douce et profonde du lac noir.

À son réveil j’ai rouvert les yeux et me suis demandé, les ailes repoussent-elles?

 

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La boîteuse va-t-en-guerre

ce matin armée jusqu’aux dents

je m’en vais de ce pas clopinant

couteau dans le dos jambe de bois et pistolet à mousse

passer un savon aux perce-oreilles qui tous

ayant senti hier soir un petit frisson

ont cerné puis investi ma maison

 

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Chronique du dos

Stratus, le ciel à cette heure.

Stratus mon humeur. Mauvaises journées de mécanique. Le couteau est revenu dans mon dos.
Si jamais je ne puis plus marcher, ni danser, je pourrai toujours me traîner jusqu’au bord de l’eau, me sauver à la nage rejoindre les autres poissons-volants.

Tiens, j’essaierai de me traîner à la plage en matinée, voir la brume se lever.
Peut-être…

 

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Je pars…

J’y serai le temps d’un coup de soleil, en pleine lumière, sans chaussures, sans lunettes et sans fard. Si je ne suis pas au large des premières maisons de la plage, c’est que je suis partie sur la marée montante.

 

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