Articles de la catégorie: Blogue

Cours de Nicolas Bottega et Marika Landry

Nicola Bottega et Marika Landry étaient les professeurs invités de Nancy Lavoie, de l’Avenue Tango, mardi dernier au Cabaret le Drague (Québec).

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Merci!

Merci à vous qui êtes passés en grand nombre voir mon exposition de photographies.
Merci pour votre enthousiasme et pour vos réactions toutes plus originales, déliées, intuitives, sympathiques, érudites, poétiques, candides, ou émotives les unes que les autres.
Et merci à ceux qui ont fait le grand saut et «acheté de la photo»!

pour acheter une photo

Republica tanguera-12

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Petite expo de mes photographies de tango

Au Café les Cousins, rue Cartier, à Québec, jusqu’à la fin juin.

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Menu printanier

Pique-nique dans le vent sous les grands érables rouges: salade de samares.

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En fleurs à la plage

En fleurs ce matin à la plage, les belles sauvages:
les petites poires des amélanchiers, les tapis de fraisiers, la triste ancolie, la bande de joyeux trilles rouges et, fin seul, le sabot de la vierge.
Puis, directement sous mon nez comme jamais, le spectacle du pic, pas le minus, ni l’échevelé, mais le grand, celui avec le casque de vélo et la plus grande mitraillette.

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Restauration

Je restaure des photographies (d’auteur inconnu) datant de 1949-1950, à partir de négatifs noir et blanc 2 1/2″ x 4 1/4″ très abimés.
C’est passionnant!

Restauration en cours
Les ingénieurs créent des routes dans l’arrière-pays du Québec. On les dépose dans la forêt avec leurs équipes et leurs outils, avec leurs tentes, leurs vivres, leurs gamelles, leurs raquettes et leurs chiens…
Ici, l’équipe d’arpentage et de tracé des routes (Côte-Nord, entre Baie-Comeau et Haute-Rive), est transportée par le bimoteur Toulnoustouk du Canadian Pacific Airlines.

Pour faire retoucher ou restaurer vos photographies, suivez ce lien.

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Gutenberg à la petite école

Belle vidéo ici présentant la technique d’imprimerie à caractères mobiles inventée par Gutenberg.
Le métier ancestral n’est plus pratiqué que par quelques poignées d’initiés. Quelle maîtrise, c’est magnifique! Le livre a bien changé…

Au primaire, nous imprimions le petit journal d’école de cette manière. Les majuscules étaient rangées dans le tiroir du haut, les minuscules dans celui du bas (haut de casse, bas de casse). Nous alignions chaque petite lettre de plomb, surprenamment lourde pour sa petitesse, jusqu’à former des phrases à l’envers bien cordées que l’on enserrait, entre les blocs margeurs, dans un cadre de bois.
Les encres étaient si denses et collantes que je me souviens du bruissement des rouleaux encreurs passés méticuleusement («ni trop, ni trop peu!»), sur chaque caissette. Puis nous imprimions, une page à la fois, en écrasant le papier avec une presse à bras. Notre petit artisanat s’arrêtait malheureusement à la reliure brochée.
Ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai compris à quelle culture nous avions été initiés et pourquoi je cherche toujours autant… à éviter les fautes.

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Le fil d’araignée

Je teste mon nouvel objectif photographique.
Joli bokeh (flou d’arrière-plan)! Et beaucoup de plaisir en perspective…

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La grande mue printanière

La grande mue se fait tranquillement cette année. À n’en plus finir. Ça rassure les riverains…

Grande mue de ma bagnole, aussi, ce matin. J’ai confié la charrette au garagiste et suis revenue à pieds par le raccourci le plus raccourci : la voie ferrée.

Je me suis retrouvée au milieu d’une volière. Au milieu d’une belle bande de volatiles: les résidents, des hivernants, des estivaux, et tous les touristes ailés d’avril. Quel spectacle, quel concert!
En vingt minutes, j’ai vu et/ou entendu : la petite mésange à tête noire et la sittelle à poitrine rousse, bien sûr, la corneille, le rouge-gorge, le carouge à épaulettes, la tourterelle triste, le roselin pourpré, le chardonneret jaune, le bruant chanteur, le cardinal rouge, le mitrailleur pic chevelu, une couple de bernaches avant l’heure, un goéland, et quelques autres non identifiés, dont un rapace qui, alternant loopings et piqués, cabriolait en criant gaiement. Ça fait ma journée!
J’ai eu un peu de mal à identifier celui-ci qui était trop loin. Il m’a paru élancé, la forme d’un merle, peu être un peu plus petit, bec d’insectivore, couleurs plutôt ternes, dessous plus pâle que le dessus, seul, calme, perché à la cime, doux chant grave et flûté, toujours la même phrase : ré-la et courte vrille descendante…
La grive solitaire!

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Carmina burana

Les CARMINA BURANA de Carl Orf étaient présentées lundi dernier à la Maison symphonique : OUF!
Un chef, trois chanteurs solistes un peu dada, deux pianos à queue tête-bêche et une tribu de percussionnistes musclés, cernés par un chœur de 200 voix ajustées au pointillé, dont plus d’une vingtaine d’hommes au pupitre des basses… Impressionnantes basses. Terrestres. Omniprésentes.

Comment décrire cette œuvre étrange? Introduit et conclu par deux complaintes d’O FORTUNA décoiffantes, le recueil de chansons païennes, entre sévère et léger, entre le moyen-âge, le vaudou et la comédie musicale, mais avec rien ni de l’un ni de l’autre, ne se décrit pas.

O Fortuna
velut luna
statu variabilis,
semper crescis
aut decrescis;
vita detestabilis
nunc obdurat
et tunc curat
ludo mentis aciem,
egestatem,
potestatem
dissolvit ut glaciem

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Le harfang

Un beau harfang vient de passer au-dessus de la maison en criant.
Ça donne un «AWR!», à mi-chemin entre un miaulement (sans le «m» du début) et un jappement (sans le «f» de la fin)…

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Le printemps!

C’est le printemps, ça pépie, ça gazouille… j’entends siffler le banc-de-scie sous l’abri d’auto du voisin!

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Pluie battante

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Pluie

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La cabane

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Dans le grand blanc

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Chouette!

Hier

Trop tard pour une expédition, j’irai juste me promener sur la route de campagne, à deux pas de chez moi…
Je n’ai pas bien planifié, la pluie de la semaine dernière l’a transformée en patinoire. J’emprunterai donc la piste qu’une motoneige perdue a laissée dans le champ.

L’air sibérien de janvier a tiédi. À fleur de neige bleue, la lumière orangée de fin d’après-midi joue à travers les arbres endormis à l’orée du bois. C’est magnifique.
En quelques acres, la pente monte sans presse sur le coteau. Au-delà de sa crête apparaît tranquillement le squelette dégarni de la grande épinette. Plantée à côté d’un ruisseau, cernée d’un bosquet d’aubépines, elle trône là depuis des lustres, témoin périmé du grand défrichage agricole. On la connaît bien. Du plus loin que je me souvienne, c’est là que du vivant de mes chiens on allait faire une pause. L’arbre est seul sur le plateau, mirador par excellence pour le vieux harfang qu’y s’y postait quotidiennement, l’œil aiguisé, à l’affût. Nous approchions délicatement pour ne pas perturber la chasse silencieuse de l’oiseau zen. Il dévissait bien la tête dans notre direction, mais semblait rapidement considérer que ma bête était trop grosse pour faire son gibier. S’assurant qu’on était bien sages, il se revissait et rajustait son regard embrassant les alentours garde-manger. On ne l’a pas vu depuis quelques années.

À près d’un kilomètre encore, il y a, il me semble, quelqu’un perché sur la plus haute branche de notre épinette. Non, ce n’est pas maître ookpik : trop gros, trop foncé, trop ébroué dans le vent. Quel est donc cet oiseau?! Je m’approche au pas de promenade. Je m’approche en me demandant si je ne suis pas en train d’être mystifiée par un sac-poubelle agrippé à un arbre. Je m’approche encore… La piste qui me porte longeant le champ en parallèle est trop éloignée, j’opte pour une franche perpendiculaire dans l’étendue immaculée. Mais voilà que, quelques dizaines de mètres plus loin, le couvert de glace cède sous mon poids et me laisse embourbée jusqu’aux hanches. Me débattre est vain, pas moyen de continuer. Levant les yeux dans le contrejour, je distingue de loin une belle queue et le profil plat d’une grosse tête ronde qui aurait mis son capuchon bordé de minou. Juste à temps pour voir s’envoler l’imposant et majestueux oiseau. Plus farouche que son cousin harfang, la chouette lapone importunée s’élance déjà, en silence, au ralenti, deux coups d’ailes sûrs, une longue et belle glisse planée en rase-mottes, puis elle disparaît dans le boisé.

 

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Redoux

On a retrouvé le ruisseau caché au cœur du boisé. Tapi au creux d’un vallon étroit, il serpente tranquillement à l’abri du vent. Promenade singulière : on s’en va descendre son cours. À force d’années qui passent, plusieurs arbres en barrent maintenant le chemin. De toute évidence, outre la très affairée gent trotte-menu, personne ne s’y est encore aventuré, le sentier imaginaire est immaculé.

L’entreprise s’avère acrobatique à enjamber les troncs ou à ramper dessous dans la poudreuse profonde. Lourdes enjambées oursonnes étouffées dans la ouate, aucun bruit. Un peu plus loin en aval, le vallon s’élargit et s’accidente. Comme en cachette, à quelques centimètres sous nos pas, le ruisseau s’abreuve, se gonfle, accélère, puis dégringole la cascade. On l’entend rigoler doucement sous l’édredon puisque c’est là qu’il devient rivière. En contrebas, l’eau agitée ne tient plus la neige. Changement de direction : on escalade. La pente est abrupte et bien ensevelie, empêtrés dans nos raquettes on jouera deux ou trois fois à l’avalanche avant de s’en extirper sains et saufs.

Sur la crête, on longe encore un peu notre cours d’eau en zigzaguant entre les feuillus avant de s’enfoncer au hasard dans le bois. Tiens, allons par là.
On bute sur une zone barbelée d’aubépines? Qu’à cela ne tienne, allons plutôt par là.
Tiens, un grand pic en habit de carnaval.
Tiens, dans l’arbre, une cache de chasseur.
Tiens, une sente d’ongulés.
Tiens, un chevreuil passe en silence.
Tiens, un autre… et un autre…

De tiens en tiens, on se retrouve, comme dans un conte, en plein cœur du chez soi, intime mais déserté, de la famille chevreuil. Sur plusieurs mètres autour d’une épinette noire géante, la neige est grattée et piétinée par les pattes à ongles, foulée et tassée par les grands corps sauvages. Vite s’en aller d’ici avant d’y laisser nos traces et notre odeur de prédateurs!

À la sortie du bois, sur le plateau herbeux où le buissonnage avait retenu trop d’air pour tenir notre poids, nous nous sommes débattus dans le grand blanc en plein vent, mais nous sommes revenus sans nous perdre.

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Marée baissante

Au bord du fleuve, sous un ciel immaculé, l’air est vif et le vent de février mordant.

Marée baissante.

Soumises à la gigantesque vague planétaire, les eaux du fleuve se ruent vers l’océan en charriant des tonnes d’icebergs en mille miettes. Dans un vacarme de débâcle et de vitre broyée, le train des glaces libres se frotte au passage à la banquise qui, prisonnière de la baie, grince, gronde et explose sous la force implacable.

Au loin, sur l’autre rive, la bourrasque soulève au soleil la poudreuse tombée ces derniers jours. À fleur de chenal, on voit la batture chatoyer comme l’or et l’argent sous la lumière oblique de 16 heures.

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Minute nostalgie

Cette folle météo des derniers jours me rappelle une folle semblable, quelque part à la fin des années 70. C’était l’époque des fleurs, du pot léger et du pays rêvé. C’était aussi l’époque sans ordinateur, sans téléphone «intelligent» et sans la météo en ligne.

Tout au bout de la route, le CEGEP avait été surpris par la tempête de neige en fin d’avant-midi, en plein cours de Philosophie de l’art de M. Hébert qu’il n’était pas question de quitter. Panne d’électricité majeure, routes fermées, la ruée vers les derniers autobus avait laissé quelques dizaines d’étudiants derrière, allions-nous devoir passer la nuit à l’école?!

Étranges heures à flâner dans les corridors du collège engourdi sous un blizzard violent, à se fabriquer en rigolant un jeu de carte maison avant la noirceur. Dehors, la tempête ne dérageait pas. Il fallut ce qu’il fallut. En caravanes aveugles à travers la bourrasque, les gars ont été dirigés vers la résidence des gars, les filles vers celle des religieux dans le pavillon voisin. Comme en monastère, y régnaient un silence méditatif et quelques murmures de prières venant d’on se savait où. On a bien dû être nourris mais ma mémoire n’en a rien retenu. En catimini, en soirée, bien bougrinées, on est allées sans se perdre rejoindre les gars pour un poker à la chandelle. Personne ne s’est enrichi, personne ne s’est appauvri, mais ce qu’on a pu rire!

Le lendemain, au réveil, le campus n’était plus qu’un lisse désert arctique aveuglant, à perte de vue sous un ciel immaculé. Comme aujourd’hui. Au chaud dans le petit salon austère avec mon amie Dominique, on a refait le monde tout l’après-midi en écoutant la Récolte de rêves des Seguin…
«Le long d’un grand pays de neige, les arbres se sont endormis et c’est l’hiver…»

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