Articles de la catégorie: Architecture et patrimoine

Ocean House, East Coast-1

Notre hôtel préféré de la Nouvelle-Angleterre est un vieillard pittoresque et chambranlant qui se tient debout, face à l’océan, depuis 1895. Miraculeusement, il est l’un des derniers a avoir été épargné par les éléments, le climat océanique et les incendies, qui ont fait ravage dans cette station balnéaire populaire.

À l’époque, les dames de la haute société débarquées du train avec leurs malles s’y installaient pour l’été. Une trentaine de petites chambres aux quatre vents, des boudoirs, des vérandas ouvertes, ou couvertes, la bibliothèque et la grande salle à manger leur offraient une escale indolente à souhait dans les embruns iodés. Les meubles devenus anciens, la déco devenue antique, les tapis limés par le sel et le sable, les portes secrètes, les corridors tricotés, le grand et les petits escaliers de bois grinçant, le piano défraîchi, les stores horizontaux cliquetant dans les fenêtres de bois gauchies… l’endroit est resté dans son état naturel. Pas de chirurgie esthétique, pas de traitement unilatéral de modernité, pas d’air climatisé, mais une bonne santé. Il est un authentique représentant de l’architecture de la Côte-Est de la fin du dix-neuvième siècle.

L’hôtel est tenu de près depuis trois générations par la famille Paul, longtemps résidente des lieux. Lorsque j’étais petite, M. Paul s’occupait de la bâtisse et y tenait le bar, pendant que son affable épouse voyait au bien-être de ses hôtes en y élevant sa fille.  À chacun de nos séjours, comme lorsqu’on visite une vieille tante, nous constations l’usure du temps. Sur les alentours, sur la structure, et sur les gens. Lente désagrégation de la dune. Prolifération d’hôtels sans âme et de vacanciers bruyants. Décès de M. Paul. Longue maladie de Madame Paul, puis son décès. Leur petite fille aux longues tresses noires est ensuite devenue la dame maîtresse du lieu. C’est aujourd’hui au tour de ses filles à elle de tenir la barre du bâtiment et de garder le cap.

Merci!

Voir aussi: Ocean House, East Coast-2

  • Ocean House-8
  • Ocean House-9
  • Ocean House-10
  • Ocean House-11
  • Ocean House-12
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Tu parles d’un jeu!

Le concours d’orgue de Québec

Ah les amis… nul ne fut tenté par le rendez-vous, sots que vous êtes. Je finirai bien par en convertir quelques-uns, je vous le jure.

Ce n’est pourtant pas juste du vent dans des tuyaux. Ce n’est pourtant pas le petit clavier de mononcle Jean-Paul, ni le petit orgue de la salle paroissiale. C’est un grand Casavant, un beau néo-baroque de 35 tonnes, 69 jeux multipliés par quatre claviers manuels et un de pédalier, quelque 5000 tuyaux. Et des jolis petits noms évocateurs tels que: montre, bourdon, flûte à cheminée, doublette, voix céleste, plein jeu, voix humaine, quintaton, flûte bouchée, prestant, flûte à fuseau, nazard, principal italien, tierce, larigot, sifflet, cor de nuit, soubasse, bombardon…  le tremblant, le muet, le vent, le grand jeu, le tutti!…

C’est une case à vent, une vertigineuse cage à flûtes taillée sur mesure pour le diable lui-même. Aux commandes infernales, trois petits bouts d’hommes et de femmes jouent dangereusement à dieu pendant quatre heures. Voilà qu’on emberlificote le vilain, que l’on chatouille le monstre, qu’on le met parfaitement en colère, dans une rage du maudit, dévastatrice, qui donne la chair de poule, fait claquer les dents et terrorise les enfants. On craint qu’il ne s’évade, qu’il ne s’échappe sous pression en petits bouts de vent propulsés dans des milliers de soufflets, de tuyaux, de soupapes, de jalousies. C’est à ce moment que brusquement il nous absorbe, nous envahit, prend le contrôle de notre pouls, de notre respiration, du flux de notre sang, des synapses de nos neurones : qu’il nous possède!…

Juste un peu… puisque voilà que de là-haut on le charme, l’hypnotise, l’embrouille, qu’on te le berce un peu, frisant le rendormir. Puis qu’on se paie sa tête, qu’on le gifle, le pique, le pioche, qu’on tente de le convertir en l’aspergeant d’eau bénite, qu’on le torture, pour l’achever finalement dans les «Alléluias sereins d’une âme qui désire le ciel». Il hoquette violemment en spasmes gigantesques, tremble de tous nos os, de toutes les colonnes du temple et, hystérique, le monstre abdique et replonge au fond des ténèbres, au cœur des méandres de l’épouvantable et immortel monument. Encore une fois la bête est mâtée, contenue.

On ouvre les yeux.
Il fait un peu plus chaud, un peu plus noir.
Les vitraux ont tenu. Les centaines d’âmes également, semble-t-il. Ne demeure que le léger frisson d’effroi des chandelles votives dans leurs ampoules bleues.

On l’a échappé belle!
Tu parles d’un jeu…

  • St-Roch-1
  • St-Roch-2
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Lancement du livre Le Parlement du Québec; Parcours photographique

Le lancement de notre livre Le Parlement du Québec; Parcours photographique a eu lieu mercredi dernier, le 2 mai, dans la grande salle de lecture de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec.

Lancement Parlement-1

          Lancement Parlement-2Lancement Parlement-3Lancement Parlement-4Lancement Parlement-5Lancement Parlement-6

          Lancement Parlement-7Lancement Parlement-8Lancement Parlement-9Lancement Parlement-11Lancement Parlement-10

          (photos: Luc Plamondon)

 

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Ah Paris!

Sous terre, station Les Abbesses

  • Paris
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En Bretagne

 Bretagne

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Série Côte-Est-2

Banc de bois

  • Chambre 7
  • Après le bain, chambre 5
  • Vue sur la mer, chambre 5
  • Porte ouverte dans la grande chambre
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Série Côte-Est-1

Série Côte-Est-1Série Côte-Est-1.
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Maritimes-5 (en passant à Chéticamp)

  • Maritimes-8
  • Maritimes-10
  • Maritimes-9
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Maritimes-2 (aux Îles)

Maritimes-1

 

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Dans les églises de Québec-2 (les années soixante)

Photographies tirées du projet Art sacré, actes créateurs

  • Église-1
  • Église-2
  • Église-5
  • Église-3
  • Église-4
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Dans les églises de Québec-1

Photographies tirées du projet Art sacré, actes créateurs

  • Église-10
  • Église-8
  • Église-7
  • Église-9
  • Église-6
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Cimetières de Québec, lauréat

Le 8 novembre dernier avait lieu la 14e présentation des Prix des abonnés du réseau des bibliothèques de Québec.
Notre livre Cimetières de Québec est le récipiendaire du prix dans la catégorie «documentaire».
Vu le sujet de notre ouvrage, le fait qu’il ait été sélectionné par les lecteurs nous touche particulièrement.
Merci!

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Chronique caniculaire

Chronique caniculaire

Je suis chez Marie pour la nuit. Son appartement est logé dans la mansarde, sous les combles d’un des plus vieux quartier d’Amérique. Le bâtiment imposant, muré de quatre pieds de pierre couchée, regarde vers l’ouest: navire accosté, pétrifié depuis des siècles, mais ardent, pointant imperturbablement au près serré dans le vent dominant.

Sur bâbord, boîte à fleurs au bastingage, vue en gros plan sur un pan de l’enceinte fortifiée qui encercle le Vieux-Québec en zigzagant: serpent de pierres grises, bastions, passerelles, courtines, poternes, pointes d’éperon… Plus haut, plus loin, le regard réussit à s’évader par-delà le rempart de grès, par-delà ses talus, ses meurtrières, les fers de lance de ses balustrades, par-dessus les ormes anciens, et à gagner le méli-mélo architectural de la ville. Notre vision médiévale se jette alors sur la Place D’Youville pavée de granit. S’y côtoient avec grâce le béton rose fenêtré de la banque, l’Art Déco du Palais Montcalm, sa pierre de taille grise et austère, et l’éclectisme du somptueux Théâtre Capitole, sa façade en quart-de-rond et son toit mansardé d’ardoise rouge. Puis, de loin en loin vers le sud, en vol d’oiseau au-dessus du moderne et du victorien, on mêle la France à l’Angleterre, on croise Gaspard Chaussegros de Léry et Eugène-Étienne Taché jusqu’au Second Empire de l’Hôtel du Parlement, ses sculptures en relief, ses armoiries, ses pavillons d’angles et sa tour Jacques-Cartier où flotte notre drapeau fleurdelisé.

À la poupe, fenêtre sur cour, tourbillon et brouhaha des terrasses enchevêtrées dans l’escarpement D’Auteuil. Chassés croisés d’escaliers tricotés serrés. Rumeur des jardins repliés sur eux-mêmes, débordants de végétation tropicale et de parfums luxuriants tapis dans la fraîcheur de l’ombre. Vase clos de petits bonheurs tranquilles. Secrets bien cachés, jalousement gardés, enchâssés au cœur des îlots de pierre, derrière les façades grises et brûlantes.

Sur tribord, fenêtre vers le nord. Comme à cloche-pied, le regard sautille à travers le Parc de l’Artillerie, ses lilas fleuris, ses casernes de brique rouge et leurs toits de cuivre vert-de-grisés, pour enjamber finalement la redoute Dauphine et tomber dans le vide. Un grand plongeon vers la ville basse, un survol plané de la vallée, jusqu’à l’horizon, jusqu’où le soleil disparaît, se heurtant aux contreforts bleutés des Laurentides dans un flamboyant crépuscule orangé.

La nuit

La ville haute s’engourdit peu à peu. Accalmie. Son bourdonnement s’assourdit en même temps que s’installent les lueurs nocturnes de l’éclairage citadin. Je suis étendue paisiblement sur le parquet du quatrième. Aussi bien que des grand’voiles, les fenêtres béantes capturent pour moi la brise légère et tiède de cette nuit torride. Dormir sur le pont supérieur du gaillard avant, à la belle-étoile. Je dors d’un sommeil doux, bercée par le roulis de la ville ralentie.

Puis, imperceptiblement, l’aube moite glisse sa lueur grise à l’intérieur, frôlant les objets familiers qui reprennent paresseusement leurs formes et leurs couleurs. Au loin, un carillon de cloches annonce dimanche. Je distingue, qui se rapproche, le cliquetis des premiers chevaux; le pas et le trot des bêtes dociles, percussions rythmées de bois creux, claquent en cadence sur les pavés durs et polis. Accompagnés du tintement de leurs grelots et des grincements de leurs attelages, ils passeront bientôt sous la fenêtre en petit concert chambranlant, prélude au jour qui se lève. Puis les percherons disparaîtront au sommet de la côte. Sachant par cœur l’itinéraire mille fois parcouru, ils mèneront seuls leur attirail, les cochers dormant encore mollement sur des rênes lâches.

Les livreurs arpentent les étroites ruelles depuis déjà un moment. Parfois retentit un klaxon, ou s’élève la voix impérative d’un homme anxieux de distribuer son chargement avant la cohue de la matinée. Viennent ensuite, dans l’ordre quotidien des choses, les pas des hommes, les pas des passants. Pas traînés, en pantoufles, des voisins vers la boulangerie et l’odeur du pain frais. Pas rebondis des sportifs qui battent le trottoir avant la chaleur accablante du midi.

Tantôt j’irai flâner Chez Temporel, grignoter le mémorable croissant au beurre emmenthal-confiture, siroter le meilleur allongé. Sans me presser, tout l’avant-midi. Pendant qu’une chape de plomb opaque s’installera, encore aujourd’hui, sur la vieille ville.

«Les voluptés du nonchaloir» dans la canicule de juillet.

 

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Chez Temporel

Chez Temporel

                                       ,               Chez Temporel (pastel)

 

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Café 1e avenue

Café 1e avenue

                                  Café 1e avenue (pastel)

 

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Une autre chronique musique

J’ai ce dada de photographier les trésors artistiques cachés dans nos églises. C’était, jeudi dernier, le tour de la chapelle conventuelle des Soeurs de la Charité cachée derrière de banals édifices de béton, en contre-bas du Carré. D’aucuns auront aperçu au passage sa façade magnifique apparaître au bas de la côte D’Youville.

Cette chapelle est surprenante. Toute blanche et très étroite, elle se dresse bien haut sur ses quatre étages sagement cordés, quatre étages de balcons, de déambulatoires, de balustrades, de rampes, de paliers et d’escaliers, accrochés sur trois côtés généreusement fenestrés. En y pénétrant, on pense à ces bateaux à vapeur, illogiquement hauts, qui sillonnaient jadis le Mississipi, mais comme s’ils avaient été retournés le dedans vers le dehors, comme un gant, comme une chaussette, vous voyez? Enfin… Étourdissant!

Des petits sons enveloppants nous arrivent, tuuuuuuuu… vouuuuuuuuuu… bommmmmm… En se cassant le cou pour chercher des oiseaux tout en haut, on aperçoit le grand – vu l’étroitesse de l’endroit, mais en réalité petit – et joliment orné orgue Casavant: les claviers au troisième, les tuyaux, comme un large sourire doré dans une petite bouche, encastrés dans les troisième et quatrième jubés devant la coupole pleine de lumière. Mais… mais, sourire… édenté?!… Eh oui, il manque plein de tuyaux! En y regardant plus attentivement on distingue, encore plus haut au-dessus de tout ça, le réa principal d’un surprenant système de poulies, des câbles – de bateau, tiens – qui pendent ici et là, et une poignée d’hommes qui se battent, tout en nage, avec le fameux instrument – les frères Casavant eux-mêmes! dirais-je poétiquement: c’est le grand ménage de l’orgue.

Après quarante ans de loyaux services, c’est le grand toilettage, les ajustements, les rénovations de cette belle mécanique musicale. Les spécialistes entrent dans le ventre de la chose, grimpent, rampent, forcent, analysent, écoutent, cherchent la fuite, colmatent, testent… Démontent les systèmes compliqués de tuyauterie, de soufflerie, de volets, de tirants, de soupapes… Déracinent des pipes de toutes les grosseurs de toutes les longueurs, dont certaines n’en finissent pas, les font délicatement mais périlleusement voltiger d’un étage à l’autre, pour leur dénicher assez d’espace pour les coucher les unes à côté des autres, inoffensives, comme de grands arbres abattus. Les notes subtiles font place au grondement grossier et assourdissant des aspirateurs géants qui, on s’en doute bien, ne laisseront rien derrière, ne laisseront rien dedans. Trois semaines que ces hommes sont là à se démener autour du monstre, et au moins deux autres leur seront nécessaires pour en venir à bout. «Job de bras» et noble métier.

Un facteur d’orgue (ou organier) est un artisan spécialisé dans la fabrication, la maintenance, la réparation et la restauration d’orgues. Ce métier nécessite la maîtrise de nombreuses techniques, dont la menuiserie, la mécanique, le travail et le formage des métaux ainsi que des connaissances musicales et acoustiques très sérieuses ; il est répertorié parmi les métiers de l’artisanat d’art.

Photographie tirée du projet Art sacré, actes créateurs

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Lancement du livre Art sacré, actes créateurs

Le lancement de notre livre Art sacré, actes créateurs a eu lieu le 28 avril 2008, à l’Observatoire de la Capitale.

Lancement Art sacré-1

      Lancement Art sacré-2 Lancement Art sacré-3 Lancement Art sacré-4 Lancement Art sacré-5

      Lancement Art sacré-6 Lancement Art sacré-7 Lancement Art sacré-8 Lancement Art sacré-9

       (photos: Commission de la capitale nationale du Québec)

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Bienvenue dans ma confiture!

Youpi!«Si le ciel vous jette une datte, ouvrez la bouche.» (proverbe chinois)
«Les jours sont des fruits et notre rôle est de les manger.» (Jean Giono)

Voici ma récolte!
Ce blogue rassemble des images et des mots, essentiellement les miens, pour le plaisir des yeux et des oreilles. Voyez-le comme un grand cahier de croquis ratissant large, espace aéré, fait maison, que j’ai beaucoup de plaisir à composer. Il commence à rebours, en 2010, et ne s’arrêtera sans doute pas de sitôt. Tout n’y est pas encore, revenez me voir! Et si l’appétit vous venait de me faire quelque commentaire, il me fera plaisir de vous lire et d’y répondre. Pour commenter un article, cliquez sur son titre. Pour me rejoindre, rendez-vous à la page Informations.

LAL
hiver 2015                                                                                                      Merci de respecter les droits d’auteur qui sont le gagne-pain des créateurs!

 

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