Les enfants dans la guerre

Il y a, à l’heure on l’on se parle, des millions de petits yeux qui ont déjà vu beaucoup trop. Quand j’étais petite, à l’âge où, en théorie, l’on dessine des bonhommes, une maison, un soleil, des animaux et des fleurs, je me demandais pourquoi mon grand frère et ses amis ne dessinaient que des engins de guerre, des tanks, des avions qui s’écrasent en feu, des bombes qui explosent, des soldats qui s’entretuent avec des mitraillettes en hurlant, des morts ensanglantés… du vert camouflage, du gris acier, des grandes taches jaune feu et rouge sang. Puis, j’en ai dessiné moi-aussi. C’était ça : on évacuait la guerre du Viet Nâm, pourtant si loin de nous. Après, on est devenus des petits hippies…

On les ferme de temps en temps quand c’est insupportable, mais les yeux sont les portes de l’esprit, ce qui y entre y reste en tant que matière première. La tâche subséquente est de remodeler, récupérer, recycler et composter tout ça pour faire pousser autre chose.

 

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