Retour d’Italie

Revenir de chez ma folle amie, c’est comme revenir d’un chez-soi-en-Italie!

Hélène n’a pas son pareil pour illuminer son petit logement loué à pépé Paolo. Pour colorier sa cuisine, sa cour, son amitié. Elle n’a pas son pareil pour venir à notre rencontre en courant, le sourire géant, nous ramasser à bras le corps comme une vraie mamma, et sur-le-champ nous faire visiter son jardin.
Elle n’a pas son pareil pour faire d’une minuscule cour métropolitaine un potager méditerranéen, généreux et luxuriant jusqu’en octobre, qu’elle transporte amoureusement jusqu’à sa table. À côté du pommier, des pruniers et des lilas au repos qui ont livré leurs parfums, leurs fruits ou de joyeuses confitures, des brassées de légumes foisonnent encore dans une indiscipline toute latine. Tomates et aubergines, bien mûres, pendent à leurs plants, melons et courges de toutes les couleurs rampent paresseusement autour d’autres végétaux rendus. Une jeune vigne commence à se délurer dans les treillis. Terrasse digne d’une cour romaine avec sa main courante de marbre, sa balustrade de briques ajourées, son fer forgé. Partout des fleurs impossibles, et les grandes trompettes bleu ciel des volubilis qui enlacent la clôture, l’escalier, les murets, bordent la galerie et débordent du patio dans un fouillis extraordinaire.
On ne se fait pas prier, ensuite, pour s’asseoir à la table de sa minuscule cuisine ensoleillée sans autre intention que de se vautrer dans une paella gargantuesque et dans l’amitié, à boire du bon rouge, à refaire le monde une centième fois et à rire de nos vies depuis le printemps, sans démordre, sans pâlir, jusqu’au petit matin.

Décalage à prévoir au retour.

 

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