Septembre sur la route

Sur la route, sitôt atteint un brin de hauteur: brume épaisse de septembre, on n’y voit plus. Je suis montée jusque dans un cumulus. Il m’a transportée longtemps, je crois.

Je suis sortie des nues en crevant un bandeau de brouillard, si dense qu’il m’a léchée entièrement, d’un grand coup de pinceau, pour me laisser trempée. Je connais bien ces «esprits», celui du lac et celui du marais… j’ai aperçu, déjà, celui de la rivière… mais cette fois je crois bien avoir croisé l’«esprit» de la montagne.

À la redescente, brusquement comme si j’ouvrais les yeux, me sont apparus la grande baie, le fleuve et l’islet tassés sous le capuchon gris et opaque du ciel trop bas. Entre le chaud et le froid, la ville sentait le sable frais, l’eau, la mer.

Au bout de la jetée je me suis assise un moment et j’ai laissé remonter la marée. Je me suis laissée imprégner de senteurs de varech, de l’air du large, du vent de voyage.

 

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