Aller-retour à Tadoussac

À la descente du bateau, au bout de la route verte et bleue, nous nous sommes retrouvés, le temps et l’espace de vingt chansons, comme à vingt ans en plein village hippie. Pour son festival, la petite Tadoussac devient un grand rassemblement fraternel amical jeune et insouciant.

Cet été-là, Yves Desrosiers, fébrile et habité, y donnait vendredi devant une salle pleine et colorée son Volodia dramatique. Un brin sur rien, osseux, l’œil fou et le regard halluciné, il nous a offert, de sa voix ébréchée, de ses doigts fiévreux tiraillant la guitare, l’âme du dissident Vladimir Vissotsky. Âme toute nue, translucide, transie, volcanique. Âme russe exaltée, expirée, mise en abyme.

Poignant.

Sommes revenus puisqu’il le faut: fuite vers l’avant, élan sans fin, droit devant à la poursuite de la constellation du Lion… qui s’évanouit à la faveur des étoiles clinquantes de la ville. Le monde à l’envers…

 

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