Moins 20 dans le champ

«On va courir les lapins?!»
Phrase magique! Le chien explose de la joie habituelle, en réponse à des mots qu’il ne connaît pas mais qu’il reconnaît très bien.

Moins 20 dans le champ… Personne…
Juste une folle et son grand chien poilu.

J’aime ces promenades solitaires matinales dans le grand désert frigorifié de janvier. Le froid est tranchant et la bise mordante, nous nous engouffrerons dans le boisé.

Après les nombreuses tentatives infructueuses des derniers jours, nous avons ce matin semé toute trace humaine et réussi à frayer notre chemin jusqu’à la rivière. Comme au bout du monde, à l’abri au creux d’un petit vallon encastré dans le décor, nous avons suivi le sentier de glace tortueux, dessiné juste pour nous.

On s’est laissés emporter longtemps. On a serpenté paisiblement le fil de l’eau qui tinte gaiement pas très loin dessous. On a grimpé à gué le saut de la cascade. Enjambé les bras musclés des saules nous barrant la voie. Ecouté le murmure du vent, là-haut dans les cimes. Le tapis immaculé craque comme biscuit et meringue. Par trop de neige avant le froid, on sent sous la croûte la glace friable, inconstante, imprévue. On a marché la tête et le pas légers.

 

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